ONF - Un film d’animation traditionnelle… en 3D

L’acteur Marc-André Grondin et l’auteure Heather O’Neill assurent la narration bilingue du court métrage de la cinéaste Claire Blanchet.
Photo: François Pesant - Le Devoir L’acteur Marc-André Grondin et l’auteure Heather O’Neill assurent la narration bilingue du court métrage de la cinéaste Claire Blanchet.

Vendredi matin dans les locaux de l’Office national du film. Le court métrage de Claire Blanchet est encore tout chaud. Tous, de la jeune cinéaste à la romancière Heather O’Neill en passant par le comédien Marc-André Grondin, voient le film La fin de Pinky projeté pour la première fois sur grand écran. Le Devoir était présent pour capter l’émotion ambiante.


Réalisé au moyen de techniques traditionnelles comme le pastel, La fin de Pinky est ensuite passé par le filtre de la 3D. Le résultat enchante. Campée dans le Red Light, l’histoire relate les pérégrinations nocturnes de Johnny, un tueur à gages qui s’apprête à liquider son meilleur ami Pinky. Johnny a la beauté du diable et le sourire assorti. Rien ne l’émeut, sinon Mia, une gentille fille maigrichonne qui fait le tapin sur la Main.


« Je me sens très fébrile, avoue Claire Blanchet, une native de Fredericton établie à Montréal. Je me consacre à ce projet depuis cinq ans. » En effet, c’est en 2008 que cette lauréate du prix Norman McLaren, remis par l’Université Concordia, a entrepris d’adapter la nouvelle de Heather O’Neill.


« J’étais réticente, se souvient cette dernière. Le concept d’adaptation provoque en moi des sentiments mitigés. Il y a beaucoup de choses qui se perdent ; c’est inhérent au processus. Mais Heather était tellement convaincue ! Un jour, elle est venue chez moi et elle a déroulé une longue feuille sur le plancher de mon salon. Elle y avait dessiné Mia, un personnage qui m’est particulièrement cher. » L’auteure est conquise. Feu vert.


Or, l’implication de Heather O’Neill ne s’arrête pas là, puisqu’elle assure elle-même la narration de la version anglaise. « Pour la version française, je voulais une autre sensibilité, explique Claire Blanchet. J’ai pensé recourir à un acteur. » Entre en scène Marc-André Grondin.


Entre Bogart et Amélie Poulin


« J’ai vu le film deux fois avant d’enregistrer le texte, raconte la vedette de C.R.A.Z.Y. et de Goon. Il y a une atmosphère de film noir vraiment tripante qui s’en dégage, et j’étais complètement imprégné de ça. C’est drôle, parce que le ton s’est décidé sur le moment. J’étais seul dans ce grand studio plongé dans l’obscurité, avec juste mon p’tit lutrin pis ma p’tite lampe. J’ai prononcé les cues sonores qu’on me demandait depuis la cabine à voix basse, presque pour moi. Claire a aimé ça et c’est comme ça que je l’ai joué. »


Il en résulte une oeuvre à mi-chemin entre le noir et la fantaisie, comme une rencontre entre Humphrey Bogart et Amélie Poulin.


Dès à présent, La fin de Pinky sera soumis dans différents festivals. Gageons qu’on en entendra de nouveau parler en 2013.

 




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