Gilles Jacob quittera la présidence du Festival de Cannes

À bientôt 83 ans, Gilles Jacob affirme qu’il avait promis plusieurs fois à sa femme d’arrêter et s’y décide enfin.
Photo: Agence France-Presse (photo) François Guillot À bientôt 83 ans, Gilles Jacob affirme qu’il avait promis plusieurs fois à sa femme d’arrêter et s’y décide enfin.

Pour les festivaliers, il représente la figure tutélaire, l’ancre pour ainsi dire du grand rendez-vous de films qui enflamme, chaque printemps sur sa Croisette, la planète cinéma. En poste présidentiel depuis 2001, Gilles Jacob avait été reconduit en 2011 avec terme en 2014. Ancien critique de cinéma, notamment à L’Express, essayiste, réalisateur, il fut délégué général de 1977 à 2000. Sa mince silhouette et son air imperturbable dominaient la fête cannoise depuis 36 ans. D’autant plus qu’il avait écrit des livres sur la mémoire du festival, dont en 2009 La vie passera comme un rêve, en plus de faire des documentaires compilant des moments-clés du mythique rendez-vous. Adolescent, il avait même été projectionniste à Cannes.

Son enfance avait été placée sous le sceau de la Shoah, alors que gamin juif, caché dans un séminaire de la région d’Isère, il avait échappé à une rafle de la Gestapo en se cachant derrière l’harmonium de la chapelle, scène que Louis Malle avait portée à l’écran dans Au revoir les enfants. À la libération, au lycée Louis-le-Grand, camarade de Claude Chabrol, il était devenu fou de cinéma. En 1949, il créa la revue Raccords, qui publia l’un des premiers écrits du jeune François Truffaut.


À bientôt 83 ans, Gilles Jacob affirme qu’il avait promis plusieurs fois à sa femme d’arrêter et s’y décide enfin. D’autres se demandent si le mandat de l’actuel délégué général Thierry Frémaux, qui s’occupe de la sélection des films, n’aurait pas été élargi pour inclure les fonctions présidentielles : budget, ressources humaines, représentation, développement du festival, etc., en transformant Thierry Frémaux en manitou des manitous.

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