Vues d’Afrique bat son plein

Vues d’Afrique bat son plein avec ses projections au cinéma Excentris et ses rencontres en face dans le quartier général du Baobar.

Le documentaire Écoles en Haïti, de Didier Moro (3 mai à 14 h), se penche, à travers des témoignages d’enseignants, d’intellectuels, d’élèves petits et grands et de déplacés, sur l’état désastreux de l’enseignement en Haïti depuis le séisme de 2011. Manque de ressources, de lieux, enfants vivant dans des camps de fortune, ces témoignages poignants passionnent… et désespèrent.


Autre documentaire percutant, Yasmina et Mohammed de Régine Abadia (2 et 4 mai à 18 h), trace le portrait de l’écrivain algérien au pseudonyme de Yasmina Khadra, militaire en son pays et auteur de best-sellers français. Quittant l’Algérie pour la France, il a subi le feu des critiques pour les dérives de l’armée. C’est toute la question de la responsabilité de l’artiste qui se joue ici, entre fiction, censure et position d’un officier. Ce complexe parcours de vie est nourri de citations très poétiques issues de ses livres et des belles images de l’Algérie.


Moi Zaphira d’Apolline Traoré (3 mai à 14 h et 4 mai à 16 h), une fiction du Burkina Faso sur des images très stylisées en noir et blanc, a valu à son interprète Mariam Ouedraogo le prix d’interprétation féminine au Fespaco de Ouagadougou. À travers une histoire simple - une jeune veuve villageoise rêvant pour sa fille d’une carrière de mannequin comme dans les magazines -, des traits du pays sont épinglés ; inertie des chefs, soumission à l’aide internationale, prostitution des femmes, rêve de fuite à l’étranger. Le film est livré comme un conte, d’où une certaine rigidité métaphorique voulue, qui n’est pas sans charme.

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