Mathieu Roy et la World Cinema Foundation présentent sept films restaurés au Centre PHI

Le cinéaste québécois Mathieu Roy, derrière notamment le documentaire Survivre au progrès et le film de fiction encore inédit L’autre maison, participe activement, depuis sa création en 2007, à la World Cinema Foundation sous la direction de Martin Scorsese. Il a rencontré son mentor il y a dix ans sur le tournage d’Aviator. « Scorsese m’a transmis sa passion du cinéma mondial », explique-t-il.


Or voici que Mathieu accompagnera au PHI Center dans le Vieux-Montréal entre les 23 et 28 mai des projections gratuites de sept films restaurés sous l’égide de cette fondation, issus des quatre coins du monde. Il s’agit de The Mummy/The Night of Counting the Years (1969) de l’Égyptien Shadi Abdel Salam, Kalpana (1948) de l’Indien Uday Shankar, Trances (1981) du Marocain Ahmed El Maanouni, Law of the Border (1966) du Turc Lüfti Ö Akad, Limite (1931) du Brésilien Mario Peixoto, After the Curfew (1954) de l’Indonésien Usmar Ismail, Downtown (Ragbar) (1972) de l’Iranien Bahram Beyzaie.


« C’est la première fois qu’il y a un événement de cette Fondation à Montréal », explique-t-il en entrevue au Devoir. En fait, le Centre PHI lui avait donné carte blanche pour présenter des films de son choix, et il a fait cette proposition. « J’espère que nous aurons d’autres événements du genre au Centre PHI à l’avenir. Le World Cinema Foundation a déjà restauré 19 films et travaille sur d’autres. Nous n’en présentons que sept cette fois-ci. Mon rêve, c’est d’amener Scorsese à Montréal dans ce cadre-là. » Mathieu Roy présentera des capsules avant chaque film :


« Limite par exemple est un film brésilien mythique, longtemps introuvable. Le cinéaste Walter Salles, que j’ai interviewé, parle à l’écran des contraintes de la restauration. Dans le cas du film Trances, on a filmé la première projection de la copie restaurée sur l’écran de la place Jemaa el Fnaa à Marrakech, durant le Festival de film. »


Son premier long métrage de fiction, L’autre maison, donnant la vedette à Marcel Sabourin et adapté librement de la maladie d’Alzheimer de son père et des répercussions sur ses deux fils, n’a pas été retenu à Cannes, mais Mathieu Roy prend ça avec philosophie. Il aimerait bien le voir sélectionné à la Mostra de Venise, à Venice Days ou à La Semaine de la critique, puis au rendez-vous de Toronto. Mais qui vivra verra !


En attendant, Mathieu Roy a vu son plus récent projet sélectionné à Paris à la Maison des cinéastes, lors d’un concours qui en retenait 14 sur 309. « Je vais participer à un pitch à Cannes devant des producteurs établis en espérant qu’ils s’impliqueront. » Le projet intitulé Saint-Lazare, donnerait la vedette à Michel Bouquet (pressenti pour son premier long métrage L’autre maison) et serait une production purement française.


« Le film aborde encore la maladie d’Alzheimer, mais du point de vue du malade, explique-t-il, un comédien qui commence par oublier son texte d’En attendant Godot de Beckett au théâtre de l’Odéon à Paris. »