Multiplier les regards au Festival du film israélien

Il en est des pays comme des gens. Va à gauche, va à droite, vole et tire dans la tourmente. Les politiques d’Israël ne font pas, tant s’en faut, l’unanimité. Pour saisir du moins la complexité des enjeux en cours, le cinéma permet de multiplier les regards posés sur cette terre dite promise.


Le 9e Festival du film israélien de Montréal se tient du 20 au 25 avril au cinéma Méga-Plex Guzzo Sphèretech, et son président fondateur Eran Bexter assure que ceux qui verront les films auront une perception tout autre du pays et des habitants. Moins manichéenne, en tout cas.


Sont présentés quatre oeuvres en première canadienne ou montréalaise et six films israéliens couronnés sur l’arène internationale.


En guise d’ouverture, primé à la Berlinale, Rock the Casbah de Yarlv Horowitz, en présence du cinéaste, une première canadienne. Le film, sous une forme quand même académique, possède l’immense mérite de placer nez à nez les deux camps, en montrant leurs positions respectives. Il a pour cadre la bande de Gaza, alors que les jeunes soldats israéliens cernent le territoire, que les enfants leur tirent ce qu’ils peuvent et que tout se morpionne. L’ouverture d’esprit de ce film, la qualité de son scénario et son absence de parti-pris sont à saluer.


Loin de clichés de circonstance, les soldats, installés sur le toit d’une famille palestinienne, sont habités par la peur, mais aussi par l’envie de s’amuser avec les enfants du coin ou d’aller manger au resto du coin. Mauvaises idées ! Quant aux Palestiniens, ils n’entendent pas à rire. Un jeune tue un des soldats, sa tête est mise à prix. Certains veulent ménager la chèvre et le chou, mais comment faire, quand les vôtres peuvent vous taxer de trahison ? Aucune réponse n’est apportée, juste des questionnements sur un conflit sans fin capable de transformer des bourreaux en victimes et vice-versa.

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