Affaire de choeur

The Sapphires de l’Australien Wayne Blair est adapté d’une pièce à succès sur Broadway.
Photo: Films Séville The Sapphires de l’Australien Wayne Blair est adapté d’une pièce à succès sur Broadway.

Présenté hors compétition au dernier Festival de Cannes, le gentil The Sapphires de l’Australien Wayne Blair, adapté d’une pièce à succès sur Broadway, ne prétend aucunement faire dans la dentelle et réinventer l’esthétique du septième art. Production populaire affichée comme telle, ce film (qui semble une version australienne de Dreamgirls), inspiré de la carrière d’un groupe de chanteuses aborigènes d’Australie, appuie l’émotion tout en abordant (en surfant) des questions plus graves : le racisme, la guerre, le problème d’identité des mulâtres, les courants contestataires des années 60, etc.

Trois jeunes soeurs aborigènes, Gail, Cynthia, Julie, choristes de country, rencontrent un pianiste blanc (Chris O’Dowd, très convaincant) en 1968, qui les prend sous son aile, devient leur gérant, les convertit à la soul. Avec leur cousine métissée, elles s’embarquent à ses côtés pour le Vietnam en guerre afin de divertir les soldats américains, sans trop comprendre ce qui se passe là-bas.


Ici, la musique est charmante et facile, les rapports humains sont décrits avec plus de bonhomie que d’analyse psychologique. Et ce, même quand le manager remet à sa place Gail (Deborah Mailman, très attachante), la leader du groupe, parce que sa voix a moins de puissance que celle des autres (tout en l’aimant) ou quand les filles se battent entre elles.


Plus intéressant est le chaos de la guerre qui les rattrape, les images d’archives de l’assassinat de Martin Luther King, le retour à l’histoire des pensionnats blancs où les enfants aborigènes étaient envoyés après kidnapping par l’État australien. Ces veines, quoiqu’effleurées, apportent une plus-value à la trame d’un scénario plutôt médiocre sur une réalisation quelconque, avec humour, de bons sentiments et une joie de vivre parfois communicative.

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