Une Terre qui ne tourne pas rond

Revolution visite près d’une quinzaine de pays et explore les fonds marins des coins les plus reculés de la planète pour illustrer son état de dégradation avancée.
Photo: Revolutionary Films Revolution visite près d’une quinzaine de pays et explore les fonds marins des coins les plus reculés de la planète pour illustrer son état de dégradation avancée.

Après l’immense succès planétaire de son premier documentaire au croisement du film animalier et du pamphlet politique, Sharkwater (2007), le Canadien Rob Stewart a sillonné le monde pour porter son message, à la fois optimiste et pessimiste : le destin de la faune et de la flore est intimement lié au nôtre ; le saccage de nos ressources et de notre habitat ne peut plus durer.

Sharkwater se concentrait surtout sur la réalité des requins et son caractère sanglant, mais pas tant celui de l’animal que de son principal prédateur, l’être humain. Rob Stewart embrasse cette fois beaucoup plus large dans Revolution, visitant près d’une quinzaine de pays et explorant les fonds marins des coins les plus reculés de la planète pour illustrer son état de dégradation avancée. Vous connaissez le phénomène de l’acidification des océans ? La vue d’immenses récifs de corail dépouillés de leurs charmes, de leurs couleurs, de toute forme de vie, suffira à vous le faire comprendre.


Rob Stewart nous implore de modifier nos comportements, de retirer nos lunettes roses pour amorcer ce bouleversement des consciences qu’il appelle sur tous les tons, et surtout en direction des jeunes. C’est sans doute pourquoi son discours se fait parfois simpliste, optant pour une approche spectaculaire et séduisante, se mettant le plus souvent en scène, une posture agaçante, comme si le cinéaste confondait mission et promotion. Un peu plus et on pourrait même le confondre avec Al Gore, celui qui répand la bonne nouvelle environnementale aux quatre coins du monde en jet privé et tel que vu dans An Inconvenient Truth.


Loin de renouveler le genre, celui du film catastrophe version écolo, Revolution s’inscrit dans le sillage de ce cinéma de conscientisation globale assorti d’images d’une beauté envoûtante - esthétique quelque peu paradoxale étant donné l’état de la situation. Rob Stewart, narrateur de son film, devient aussi le commentateur de ses pérégrinations mondiales dans la foulée du succès de Sharkwater, bien mises en évidence dans son dernier film. Son engagement apparaît indiscutable, mais sa démarche de cinéaste, franchement peu révolutionnaire.

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