Victime de son legs

Evil Dead mouture 2013 s’avère aussi sérieux qu’ennuyeux.
Photo: Sony Pictures Evil Dead mouture 2013 s’avère aussi sérieux qu’ennuyeux.

Histoire de cinq jeunes gens cernés par une entité malveillante dans une cabane au fond des bois, Evil Dead demeure l’un des films indépendants les plus lucratifs qui soient. Tourné à l’hiver 1979-1980 avec trois fois rien par une bande de copains désireux de « faire un film » à tout prix, Evil Dead lança la carrière de Sam Raimi (Spider-Man, The Great and Wonderful Oz) et permit à ses potes Joel et Ethan Coen (oui, ces Coen-là) de tâter du septième art une première fois. Simplissime, l’intrigue fit école. Fort de la bénédiction de l’auteur original, qui agit ici à titre de producteur, le remake d’Evil Dead est doté de moyens considérables.


Le problème, c’est que l’intrigue est toujours aussi simplissime et que, depuis le début des années 1980, on l’a vue rejouée à satiété : Hatchet, Cabin Fever, Dead End, Wrong Turn, Pumpkinhead, All the Boys Love Mandy Lane… Le concept a même eu droit à sa variation post-moderne avec Cabin in the Woods, qui s’amuse à décortiquer puis à détourner tous les lieux communs associés à la prémisse. Or, cette nouvelle incarnation d’Evil Dead, qui connut par ailleurs un semi-remake (Evil Dead II : Dead at Dawn) et une suite (Army of Darkness), ne donne ni dans le commentaire ni dans la relecture.


Hormis quelques pointes d’humour noir et un recours grand-guignolesque à l’hémoglobine, Evil Dead mouture 2013 s’avère aussi sérieux qu’ennuyeux. On attend que chacun des cinq personnages sous-développés connaisse un sort funeste. On sait qui, on sait quand, on sait comment. Cela donne peu ou prou cinq crescendos isolés au détriment d’une montée dramatique globale digne de ce nom. On voit mal comment ce produit générique pourrait laisser quelque héritage.


 

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