Fenêtres ouvertes sur le cinéma africain

François Bugingo et Nabila Ben Youssef sont les parrain et marraine des 29es Vues d’Afrique.
Photo: François Pesant - Le Devoir François Bugingo et Nabila Ben Youssef sont les parrain et marraine des 29es Vues d’Afrique.

Vingt-neuf ans donc, bientôt trente, que le Festival international de cinéma Vues d’Afrique offre des oeuvres de l’altérité à Montréal. Né dans un vacuum pour le cinéma africain et créole, il a pris du volume avec des moyens toujours exsangues. Du 26 avril au 5 mai, c’est un rendez-vous coloré en cinéma et en musique.


Une centaine de films cette année feront voyager le public en témoignant aussi des crises et des enjeux de sociétés en mutation ou en guerre. Entre l’ouverture Kinshasa Kids du Belge Marc-Henri Wajnberg, sur les enfants de la rue (avec entre autres Rachel Mwanza, l’actrice de Rebelle), et la clôture Herby, le jazz et la musique haïtienne d’Arnold Antonin, sur le parcours d’Herby Widmaier, qui endisqua les meilleurs musiciens haïtiens. Les portes sont grandes ouvertes.


L’animateur et journaliste François Bugingo ainsi que l’humoriste Nabila Ben Youssef sont les parrain et marraine de cette édition. La cinéaste franco-camerounaise Ozvalde Lewat recevra le prix Micheline Vaillancourt.


Le président fondateur Gérard Le Chêne déplorait mardi lors de la conférence de presse à Excentris l’escalade des coupes fédérales. « L’ACDI [Agence canadienne de développement international] est disparue. Nos subventions fédérales sont coupées directement ou indirectement, à travers les compressions à l’ONF, Radio-Canada, Téléfilm. L’information internationale est la première touchée, quand ça coupe. Voyez la disparition d’Une heure sur terre à Radio- Canada… » Il appelle à un grand ralliement l’an prochain, pour le 30e anniversaire de Vues d’Afrique, de tous les Québécois qui oeuvrent en Afrique.


Sur grand écran


Côté fictions, on présente des oeuvres comme Rengaine, du Français Rachid Djaïdani, lancé à Cannes, sur les amours contrariées par leurs communautés à Paris d’un Noir chrétien et d’une Maghrébine. Aussi, La république des enfants de Flora Gomez, de la Guinée-Bissau, sur les enfants-soldats. Winter of Discontent de l’Égyptien Ibrahim El Batout parlera des débuts du printemps arabe et Virgin Margarida de Lucinio Azevedo, du Mozambique, de la rééducation des prostituées dans des camps.


Des documentaires se penchent aussi sur les problématiques sociales, dont celles d’Haïti dans Deported de Rachel Magloire ou l’oeuvre de Chantal Régnault sur des déportés criminalisés au Canada ou aux États-Unis renvoyés en leur sol. Sans oublier la section Regards d’ici, la sélection des Prix des droits de la personne et Afrique Connexion portant sur les productions audiovisuelles africaines.


Des débats sur des sujets brûlants sont organisés tous les jours au Baobar, en face de l’Excentris. La situation au Mali débouchera sur une rencontre avec la journaliste Sophie Langlois et la cinéaste Érica Pomerance, le jeudi 2 mai. En tout, une dizaine de colloques autour des grands thèmes de la programmation sont au menu, de même que six coups de coeur de personnalités, comme Sarah Nacer, Yannick Létourneau, Raymonde Provencher, Nathalie Barton, etc.


Plusieurs cinéastes d’ici et d’ailleurs sont attendus.

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