FIFA - Le pape de l’art cinétique

Roger Vilder, sans qui l’art cinétique ne serait pas aussi développé qu’il l’est aujourd’hui, est l’objet du documentaire Pulsation.
Photo: FIFA Roger Vilder, sans qui l’art cinétique ne serait pas aussi développé qu’il l’est aujourd’hui, est l’objet du documentaire Pulsation.

Dans les années 60, en effet, l’homme, un p’tit gars du Liban « barouetté » par son père en France, puis au Québec, a posé les bases ici de ce courant artistique, un peu à part, qui a mis l’esthétisme au diapason avec des mécanismes répétitifs, avec le numérique, avec les engrenages, les axes… entre autres. Et, forcément, pour toute l’insolente complexité qu’il a mise au monde, l’hommage documentaire ne pouvait qu’être mérité.


Avec Pulsation - titre emprunté à l’une des oeuvres d’envergure de Vilder -, le réalisateur français Antoine Favre dresse le portrait de ce créateur hors norme qui a enseigné les arts plastiques à Montréal pendant 30 ans et qui vit désormais à Nîmes, en France, où il s’est réfugié pour recommencer à créer, après un vide volontaire de plusieurs années.


Tout en réflexion, le film plonge dans l’univers de Vilder façonné autant par la recherche du beau dans la mécanique et les systèmes, que par ses questionnements sur son père, sur l’éternel recommencement, sur l’identité, sur le déracinement et finalement sur la condition humaine. Il y a du mouvement, de la sagesse, une petite incursion dans les réserves du Musée d’art contemporain de Montréal, du néon, une scène désolante de superficialité que Vilder va commenter avec une lucidité qui l’honore, des doutes, de l’innovation, du beau, mais surtout, au final, un document de 26 minutes qui donne envie d’être regardé en boucle. Forcément.

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