Comme du ciné de papa

On voudrait pouvoir aimer ce film, qui garde sa gauche, carbure à l’entraide, oeuvre pétrie des bonnes intentions dont l’enfer est pavé. Le Français Éric Besnard signe avec Mes héros une oeuvre personnelle, à travers laquelle il s’est beaucoup inspiré de ses propres parents. Par ailleurs, le couple Josiane Balasko-Gérard Jugnot porte la mémoire de la troupe du Café Splendid et de comédies-cultes comme Le père Noël est une ordure, remet le couvert. Mais hélas sans finesse aucune.


Il s’agit ici, en l’occurrence, d’une mère Noël. Olga, maîtresse femme, volant toujours au secours de la veuve et de l’orphelin, gueularde, indiscrète, casse-pieds, le coeur sur la main, est une indignée chronique. Josiane Balasko est faite pour le rôle, mais la mise en scène trop mollassonne la condamne à hurler dans une sorte de désert. Cette femme adore son mari bon enfant quoique bougon (Gérard Jugnot) dans sa maison de campagne, mais se sauve du nid pour aider les autres. Ici un petit Africain sans papiers, dont la mère est en prison. Et Maxime, le grand fils mou mais attentionné, lui-même en fuite de son petit foyer où rien ne va plus, qui retourne chez ses parents pour sauver les meubles. Ce rôle de faire-valoir échoit à Clovis Cornillac, qui ne sait trop quoi en faire et s’enfonce en douce, faute d’humour salvateur offert à son personnage.


On pense aux films de Jean Becker pour le cadre champêtre de la maison et du beau jardin, à ceux de Romain Goupil pour le secours aux sans-papiers ; Mes héros ne réussit pourtant jamais à créer des profils de complexité. Gérard Jugnot compose une caricature de gentil épicurien amoureux de son épouse en explosion. Josiane Balasko finit par agacer plus qu’autre chose, à force de déplacer de l’air, seule au combat. Le scénario mal conçu laisse trop de pans dans l’ombre.


Éric Besnard eût mieux fait d’étoffer le personnage du fils Maxime, en perpétuel flottement. Tout cela est fort gentil pourtant, généreux, aimant. Mais tourné comme du cinéma de papa. Et fallait-il vraiment que chaque moment d’émotion soit enterré par une musique gluante, insupportable, comme une sauce de qualité douteuse qui tue le plat ?

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