Grands sujets, petites vues

Sandrine Bonnaire demeure l’une des actrices françaises les plus aimées et respectées du milieu.
Photo: Source FIFA Sandrine Bonnaire demeure l’une des actrices françaises les plus aimées et respectées du milieu.

«J’ai arrêté l’école à 15 ans. Tout ce que je sais, je l’ai appris avec les gens de cinéma. » Éloquentes, ces paroles de Sandrine Bonnaire ouvrent le documentaire que lui a consacré Juliette Cazanave. De facture « reportage », Sandrine Bonnaire, actrice de sa vie intéresse presque malgré lui, tant le sujet est, faute d’un meilleur terme, fascinant. Il en va de même pour Dickens on Film, d’Anthony Wall, également issu de la section Regards sur le 7e art, et qui part de la prémisse que les romans de l’écrivain anglais constituent les ouvrages les plus fréquemment adaptés. « Pour commencer par le commencement, je dirai donc que je suis né un vendredi, à minuit (du moins on me l’a dit, et je le crois). Et chose digne de remarque, l’horloge commença à sonner, et moi, je commençai à crier, au même instant », dixit David Copperfield.


À 45 ans, Sandrine Bonnaire demeure l’une des actrices françaises les plus aimées et respectées du monde cinématographique. Ses débuts fulgurants dans À nos amours, de Maurice Pialat, le documentaire les évoque en utilisant de rares bouts d’essai tournés à l’été 1982. On voit la jeune fille spontanée, mais déjà consciente de l’objectif braqué sur elle. On retrouve le même air concentré lorsqu’elle prend place derrière la caméra pour réaliser J’enrage de son absence, un premier long-métrage de fiction faisant suite au documentaire Elle s’appelle Sabine, oeuvre intime et bouleversante qu’elle consacra à son aînée. Débonnaire, elle se promène dans son ancien HLM avec sa soeur Lydie. « J’étais une gamine exubérante. Grandir dans une famille de onze enfants, ça donnait presque envie d’être fille unique », confie Sandrine. Ses propos demeureront candides et francs.


Romancier respecté


Feu Charles Dickens, qui aurait 201 ans aujourd’hui, est l’un des romanciers britanniques les plus appréciés et respectés du milieu (respect qu’il ne connut cela dit guère de son vivant). À tel point que ses classiques tels Les grandes espérances, Oliver Twist, David Copperfield ou encore Un cantique de Noël comptent parmi les romans à avoir été portés à l’écran, grand ou petit, le plus souvent. On dénombre plus de 200 adaptations de Dickens depuis l’invention du cinéma. Dickens on Film se montre d’ailleurs généreux en extraits qui, présentés en ordre chronologique, illustrent par la bande l’évolution du 7e art. D’où, paradoxalement, l’impression d’assister à un survol plutôt qu’à une analyse en profondeur. Au final, les deux documentaires valent le coup d’oeil parce que, dans le premier, Sandrine Bonnaire n’a que des choses intéressantes à dire, et dans le second, par-delà le tombeau, Charles Dickens aussi.


 

Sandrine Bonnaire, actrice de sa vie

Le samedi 16 mars et le mardi 19 mars à 19 h à la Cinémathèque québécoise.


Dickens On Film

Le samedi 16 mars à 13 h 30 et le samedi 23 mars à 21 h à la Grande Bibliothèque.

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Ce texte a été modifié après publication.

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