Pas de coup de coeur à mi-chemin de la Berlinale

Le film chilien Gloria, de Sebastián Lelio, a surpris par sa poésie et par l’interprétation extraordinaire de Paulina García, qui incarne une Gloria à la recherche de l’âme sœur.
Photo: Berlinale Le film chilien Gloria, de Sebastián Lelio, a surpris par sa poésie et par l’interprétation extraordinaire de Paulina García, qui incarne une Gloria à la recherche de l’âme sœur.

La 63e Berlinale avait déjà dévoilé, dimanche soir, neuf des dix-neuf longs métrages qui composent sa compétition officielle. Sans qu’aucun véritable coup de coeur se soit déclaré à ce stade, ni qu’une unanimité se soit faite autour d’un film. Mon affection pour les films russe (A Long and Happy Life) et polonais (In the Name of) ne serait du reste partagée que par une minorité. Dommage. Nous saurons aujourd’hui quel sort la presse d’ici et d’ailleurs réserve à Vic + Flo ont vu un ours, de Denis Côté. Mais si l’assistance clairsemée à la conférence de presse est indicatrice de quelque chose…

Une agréable et modeste surprise nous attendait toutefois hier matin avec la contribution chilienne à la compétition, Gloria, de Sebastián Lelio, et particulièrement avec la performance de sa vedette, l’extraordinaire Paulina García. Sauf erreur, celle-ci apparaît dans 100 % des scènes, le film étant centré sur son personnage, une divorcée d’environ soixante ans, dévouée envers ses deux enfants et en quête perpétuelle de l’âme soeur qu’elle pense avoir trouvée en la personne d’un commerçant encore trop attaché à son ex-femme et à ses deux filles.


On pressent l’influence de l’Argentine Lucrecia Martel (La sainte fille) et du regretté Claude Sautet (Une histoire simple) dans cette chronique imprégnée d’une poésie du quotidien par laquelle le cinéaste, en conférence de presse, disait vouloir « confronter les aspirations individuelles de Gloria avec les revendications de la société chilienne contemporaine en crise ».

 

Religieuse ennuyeuse


J’espère pour ma part voir Paulina García au palmarès. D’autant que La religieuse n’y figurera sans doute pas, avec raison. Cette relecture, franchement inutile, par Guillaume Nicloux du roman anticlérical de Denis Diderot paru à la fin du XVIIIe siècle, avec Pauline Étienne dans le rôle de Suzanne Simonin, ânonne son air connu jusqu’au dernier tiers. Enfin, jusqu’à l’apparition d’Isabelle Huppert qui, dans le rôle de la mère supérieure subjuguée d’amour envers sa nouvelle protégée, fait prendre à l’ensemble une tournure presque bouffonne. Comme on s’ennuie, devant ce livre d’images, de la version moderne et provocante que Jacques Rivette avait tirée du même matériau en 1967 avec Anna Karina et Micheline Presle. Et comme c’était pertinent de raconter cette histoire à l’époque.

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