La démesure d’un batteur

Ginger Baker est considéré comme l’un des meilleurs batteurs de l’histoire du rock et du jazz.
Photo: CInéma du Parc Ginger Baker est considéré comme l’un des meilleurs batteurs de l’histoire du rock et du jazz.

Ginger Baker n’est pas ce que l’on peut appeler quelqu’un de fréquentable. Il peut vous frapper avec sa canne, vous faire un doigt d’honneur ou dire du mal de vous en des termes dévastateurs. Pourtant, cet homme est un génie, mais pas des relations humaines!

Né à Londres en 1939, orphelin de père dès l’âge de quatre ans à cause de la guerre, Ginger Baker est considéré comme l’un des meilleurs batteurs de l’histoire du rock et du jazz, un roi du drum qui manie les baguettes avec une force et un rythme exceptionnels. Ce monstre sacré - l’expression n’est pas trop forte ! -, le journaliste Jay Bulger en avait fait un portrait pour le magazine Rolling Stone et, ne reculant devant rien, il retourne, caméra en main, vers cet être exécrable qui a passé sa vie un peu partout sur la planète, et connu la gloire autant que la misère.


Réfugié dans une ferme en Afrique du Sud auprès de sa quatrième épouse, Ginger Baker accepte, de mauvaise grâce, de revenir sur un parcours exceptionnel, de ses succès auprès d’Eric Clapton dans les groupes Cream et Blind Faith dans les années 1960 à sa période africaine aux côtés du chanteur et militant nigérian Fela Kuti, en passant par ses innombrables chicanes avec pratiquement tout le monde. Cet ancien héroïnomane en a d’ailleurs fait baver à sa première épouse et à leurs trois enfants (qui ont tous pris leurs distances), renforçant ainsi sa légende, mais l’isolant toujours un peu plus.


Ce feu d’artifice de talent, d’énergie brute, de colères et d’excès, Jay Bulger ne fait pas seulement que l’évoquer dans une suite de têtes parlantes ; il constitue la matière première d’un film riche en images d’archives, en témoignages variés, en séquences d’animation au contenu fort explicite et en extraits de concerts donnant la juste mesure de la démesure du personnage. Tout cela est servi avec une intense fébrilité, digne du tempérament de Baker, dont la violence a bien du mal à se dissimuler derrière ses lunettes fumées.


Dans cette aventure, le cinéaste en a été quitte pour un nez cassé, mais cet ancien boxeur (et mannequin !) savait très bien que l’on n’approche pas sans risque une telle bête féroce. À l’entrée de sa ferme africaine, où il a cultivé sa passion dévorante pour le polo (vous avez bien lu !) au point de le conduire à la ruine, le batteur a clairement affiché ses couleurs : « Beware of Mr. Baker. »




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1 commentaire
  • Martin Richard - Inscrit 12 février 2013 09 h 29

    n'importe quoi

    "(...) considéré comme l'un des meilleurs batteurs de l'histoire du rock et du jazz"

    Par qui, sa mère ?

    Je veux bien croire que tous les goûts sont dans la nature, mais certains en sont totalement dépourvus. Dommage.

    martin richard
    mtl