Le Pyongyang de Guy Delisle porté au grand écran

Pyongyang semble avoir séduit le cinéaste Gore Verbinski avec son regard intérieur et occidental posé en bande dessinée sur le régime communiste et totalitaire de Kim Jong-il à l’époque.
Photo: L’Association Pyongyang semble avoir séduit le cinéaste Gore Verbinski avec son regard intérieur et occidental posé en bande dessinée sur le régime communiste et totalitaire de Kim Jong-il à l’époque.

La Corée du Nord vécue et surtout racontée par le bédéiste Guy Delisle se prépare à s’ouvrir… à un autre support médiatique : le cinéma. L’album Pyongyang (L’Association), sorti en 2003, va en effet être porté au grand écran par le père du film d’animation Rango et des trois premiers épisodes de Pirates des Caraïbes, le réalisateur américain Gore Verbinski, a confirmé mercredi le dessinateur lors d’un court échange électronique avec Le Devoir. Pour le moment, l’artiste n’a pas été invité à prendre part à l’écriture du scénario.

Le passage de l’univers de Delisle du papier à la pellicule a été révélé discrètement mardi par The Playlist, un blogue américain qui suit de près l’actualité cinématographique. Gore Verbinski s’est adjoint les services du scénariste Steve Conrad, avec qui il a bossé en 2005 à l’écriture du film The Weather Man (Monsieur Météo, dans sa version française). «On ne m’a pas demandé mon avis, a indiqué le dessinateur, ni fâché ni content de ce choix. Je crois que c’est habituel pour ce genre de film.»


Verbinski a acquis les droits d’adaptation de ce roman graphique, pièce maîtresse de l’oeuvre de Guy Delisle, l’été dernier. Pour le moment, aucun détail sur la distribution n’a été dévoilé.


Alors que la Corée du Nord se retrouve régulièrement sous les feux de l’actualité, Pyongyang semble avoir séduit l’homme des salles obscures avec son regard intérieur et occidental posé en bande dessinée sur le régime communiste et totalitaire de Kim Jong-il à l’époque, père de l’actuel chef de l’État Kim Jong-Un. La brique relate le séjour du dessinateur dans ce pays anachronique en 2001, où il a été envoyé, avec un visa de travail, pour superviser la production de Papyrus, un dessin animé occidental dont la création de plusieurs plans a été délocalisée là-bas. Avec humour et finesse, Delisle y raconte ses deux mois passés aux côtés d’un « camarade guide » et d’un « camarade interprète », tout comme l’absurde d’un régime maladivement opposé à la modernité et à l’Occident pour mieux entretenir sa fermeture et son contrôle social.


Trois ans plus tôt, Guy Delisle a évoqué une expérience de supervision similaire, en Chine cette fois, dans un album intitulé Shenzhen (L’Association). Ces deux titres ont contribué à bâtir la notoriété du dessinateur, en France d’abord, où il vit, puis au Québec, où il est né.