Hommes, femmes, mode d'emploi


	Le démantèlement du réalisateur Sébastien Pilote donne la vedette à Gabriel Arcand en fermier qui se départ de tout pour sauver une de ses filles endettée.
Photo: Bertrand
Le démantèlement du réalisateur Sébastien Pilote donne la vedette à Gabriel Arcand en fermier qui se départ de tout pour sauver une de ses filles endettée.

Le cru 2013 du cinéma québécois paraît globalement plus éclectique. Même si, dans un genre ou l’autre, c’est surtout la psyché des hommes qui y sera décortiquée.

Le cru 2013 du cinéma québécois, avec sa part de thrillers, de comédies, d’animations et de productions historiques en prime, rejoindra-t-il davantage son public que l’an dernier ? Chose certaine, il paraît globalement plus éclectique. Même si, dans un genre ou l’autre, c’est surtout la psyché des hommes qui y sera décortiquée. Sauf chez Denis Côté dans Vic+Flo ont vu un ours et dans quelques productions braquant leurs phares sur les deux sexes, force est de constater que l’univers des femmes intéresse surtout… les réalisatrices, plus nombreuses qu’en 2012 à la barre d’œuvres de fiction.
 
Hardis, les gars ! Par ici la testostérone ! Ainsi, dans Louis Cyr, l’homme le plus fort du monde, le cinéaste de Funkytown, Daniel Roby, trace la bio de notre monsieur muscles du XIXe siècle, joué par Antoine Bertrand (28 juin). Clôturant la marche virile en décembre : Les Boys : le premier chapitre, réalisé par le producteur Richard Goudreau, remonte à l’adolescence des joueurs.
 
L’excellent cinéaste Robert Morin (Le Nèg’), avec Quatre soldats, adapté du roman d’Hubert Mingarelli, tisse des liens entre quatre soldats au milieu d’une guerre civile (avril). Dans Amsterdam de Stefan Miljevic, trois copains s’offrent une virée à Amsterdam qui tourne mal. Avec Robin Aubert, Louis Champagne et Gabriel Sabourin (à l’automne). Mathieu Roy (Surviving Progress) accède à la fiction avec L’autre maison, inspirée des dernières années de son père, le journaliste Michel Roy. Avec Marcel Sabourin, Roy Dupuis et Émile Proulx-Cloutier. La déjantée comédie de l’été, Hot Dog, de Marc-André Lavoie, nous entraîne chez des fabricants de saucisses. Éric Salvail, Daniel Lemire, Paul Doucet et Marc Labrèche sont de la fête (à l’été.)
 
Le très attendu Le démantèlement de Sébastien Pilote, acclamé pour Le vendeur, donne la vedette à Gabriel Arcand en fermier qui se départ de tout pour sauver une de ses filles endettée (à l’automne). Avec Exil, Charles-Olivier Michaud (Snow & Ashes) suit le parcours d’un jeune Haïtien qui quitte son pays en quête de sa mère (mars.)
 
Podz, réalisateur de 10 et demi, entrecroise des destins autour d’un accident d’avion dans Miraculum (à l’automne). Quant à Guillaume Sylvestre, il explorera les premiers émois du cœur à travers Premier amour, inspiré du roman de Tourgueniev (à l’été ou à l’automne). Martin Doepner, avec Rouge sang, campe son action en 1799 alors qu’une fermière se voit forcée d’héberger des soldats britanniques (1er février). Hébergement aussi pour des étrangers chez des gens de Lévis après un incident dans un navire dans Diego Star de Frédérick Pelletier, lancé au Festival de Rotterdam. (décembre).
 
Avec sa primeur à Sundance, Le météore de François Delisle, le cinéaste derrière Toi, greffe des destins de culpabilité et de solitude à celui d’un prisonnier incarné par François Papineau (mars). Roche papier ciseaux de Yan Lanouette-Turgeon ouvrira les Rendez-vous du cinéma québécois avant de prendre l’affiche le 22 février. En vedette : le rappeur Samian, en jeune autochtone qui quitte sa réserve nordique pour Montréal. Et comment ne pas rêver de festival (pourquoi pas Cannes ?) pour An Enemy, le premier long-métrage en anglais de Denis Villeneuve (Incendies), adapté du roman L’autre comme moi du nobélisé José Saramago ? Un professeur d’histoire (Jake Gyllenhaal) y part en quête de son double.
 
Peut-être à la Berlinale : Vic+Flo ont vu un ours de Denis Côté. Le cinéaste de Curling met en scène Pierrette Robitaille et Romane Bohringer en ex-détenues dans une cabane au fond des bois, sous l’œil de leur agent de probation (Marc-André Grondin). Les films précédents de Xavier Dolan furent lancés à Cannes. Tom à la ferme, tiré de la pièce de Michel-Marc Bouchard, s’articule autour d’un duel masculin. Ce thriller psychologique, qui s’annonce comme son œuvre la plus épurée, avec le cinéaste dans le rôle-titre, peut rêver aussi d’une rampe de lancement internationale (à l’automne).
 
Paroles de femmes

Elles étaient deux réalisatrices de fiction en 2012, mais leur nombre s’accroît. Le remarquable Catimini de Nathalie Saint-Pierre (derrière Ma voisine danse le ska), remontant la trajectoire de quatre filles prises en charge par la direction de la protection de la jeunesse, est aussi sensible que percutant (25 janvier). En animation 3D, La légende de Sarila de Nancy Florence Savard se déroule en 1910 dans un campement inuit où sévit la famine (22 février). C’est aussi dans la toundra, au Nunavut, que Marie-Hélène Cousineau, derrière Before Tomorrow, a campé Uvanga, histoire contemporaine d’un ado à moitié Inuit que sa mère ramène dans le village de son père. Avec Marianne Farley et Lukasi Forrest. Catherine Martin (Mariages, Trois temps après la mort d’Anna), avec Une jeune fille, nous transporte en Gaspésie où une ado fugueuse trouve son souffle au contact de la nature et d’un agriculteur grincheux. Avec Ariane Legault et Sébastien Ricard (juin). Après Familia, Louise Archambault signe Gabrielle. Dans un centre pour déficients intellectuels, une jeune patiente musicienne (Gabrielle Marion-Rivard) y tente de vivre un amour malgré la tyrannie du groupe (automne). Enfin, remarquée au dernier Festival de Cannes avec son court-métrage Chef de meute, Chloé Robichaud, à travers Sarah préfère la course, suit les hauts et les bas d’une athlète (Sophie Desmarais) (à l’automne).