Le star-system français au régime?

Le président de la Société civile des auteurs, réalisateurs et producteurs, le cinéaste Michel Hazanavicius (à droite), en compagnie d’une grosse pointure du cinéma français, Jean Dujardin, se prononce sur les salaires des stars hexagonales.
Photo: Agence France-Presse (photo) François Lo Presti Le président de la Société civile des auteurs, réalisateurs et producteurs, le cinéaste Michel Hazanavicius (à droite), en compagnie d’une grosse pointure du cinéma français, Jean Dujardin, se prononce sur les salaires des stars hexagonales.

L’onde de choc provoquée par le texte incendiaire de Vincent Maraval dans Le Monde au sujet des salaires des stars hexagonales se poursuit.


Distributeur et producteur influent, M. Maraval y suggérait, dans la foulée de l’affaire Depardieu, que le problème n’était pas que la vedette des Valseuses et de Germinal prive le fisc français de sa richesse, mais bien que ladite richesse ait crû grâce aux subventions étatiques. S’ensuivait un déballage de chiffres et de noms qui mit l’industrie cinématographique française en émoi.


Première répercussion concrète du scandale Maraval : la ministre de la Culture française, Aurélie Filippetti, a convenu de « réexaminer les mécanismes de financement ».


Une consultation menée par Éric Garandeau, président du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC), se tiendra ainsi le 23 janvier. Protégé, soutenu et diffusé en vertu de « l’exception culturelle française » (une série de mesures, y compris le prélèvement d’un pourcentage sur la vente des billets de cinéma et la participation obligatoire des chaînes télévisées généralistes à l’étape du financement), le cinéma français s’apprête donc à dresser un état des lieux.


Sans souscrire à tous les arguments de M. Maraval, M. Garandeau croit qu’un regain de vigilance est de mise. Ce dernier estime en outre, à l’instar du premier, que la formule du cachet moindre en échange d’un pourcentage sur les recettes constitue une option valable. S’inscrivant en faux, le président de la Société civile des auteurs, réalisateurs et producteurs (ARP), le cinéaste Michel Hazanavicius (The Artist), a tenu à rappeler qu’avec ce modèle, le distributeur récupère généralement ses billes le premier, le réalisateur et les acteurs devant le plus souvent se contenter de miettes.


Afin de contrer la surenchère salariale sur des projets au potentiel commercial moindre, le CNC entend également exiger des producteurs davantage d’informations relatives aux salaires versés. Accusées par M. Maraval d’avoir artificiellement gonflé la valeur marchande des vedettes en consentant des capitaux destinés à accommoder des cachets poussifs et en concentrant leurs investissements sur des films à gros budgets (9 millions $CAN et plus), des chaînes télévisées comme TF1 et M6 accueillent l’initiative avec circonspection.


En coulisses, certains craignent à terme une chasse aux sorcières dirigée contre les acteurs et les actrices. Bref, à la manière d’une poupée russe qui s’ouvre sur une seconde, puis une troisième, la controverse déclenchée par le nouveau chantre du régime Poutine n’en finit plus d’en générer d’autres.


 

Avec Variety

LE COURRIER DES ÉCRANS

Le meilleur et le pire des écrans, petits et grands, vus par nos journalistes cette semaine. Inscrivez-vous, c'est gratuit.


En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir les communications du Devoir par courriel. Les envois débuteront le 5 septembre 2019.