Le procès du cinéaste d’horreur Rémy Couture s’ouvre à Montréal

Le procès pour corruption de moeurs de l’artiste d’effets spéciaux Rémy Couture s’est amorcé mardi devant juge et jury au Palais de justice de Montréal.


Rémy Couture a été arrêté et mis en accusation en octobre 2009 après avoir produit et mis en ligne des courts-métrages d’horreur violents et sexuellement explicites qui ont choqué les autorités par leur réalisme saisissant.


À l’ouverture du procès, on a pu apprendre qu’Interpol avait été initialement alerté en 2006 relativement à ces images. Elles étaient réalistes au point où un pathologiste ne pouvait conclure sans l’ombre d’un doute qu’un homicide n’avait pas été commis.


Une enquêteuse du Service de police de la Ville de Montréal qui a mené le dossier au Québec a toutefois indiqué qu’elle n’avait jamais cru que ces images étaient réelles.


Le procureur Michel Pennou soutient cependant que c’est le caractère sexuel du matériel qui a mené au dépôt d’accusations.


La Couronne se propose de faire entendre cinq témoins et déposera en preuve des vidéos et des photos.


Rémy Couture fait face, en tout, à trois accusations de corruption de moeurs.

2 commentaires
  • Alexandre Boucher - Inscrit 12 décembre 2012 12 h 47

    Ce n'est pas aussi anodin, ça mérite plus

    Il me semble que ce procès pourrait avoir de très grave conséquences de par la jurisprudence sur une multitude d'autres formes d'art (roman, littérature, peinture, photographie). Et je ne comprends pas qu'aucun média approfondisse plus en détail cette histoire.

    Pour infos, juste en tapant Rémy Couture sur Google, on tombe vite sur son site : http://supportremy.com/fr/cause-remy-couture/cause

    qui, excusez-moi, mais permettrait d'informer beaucoup mieux vos lecteurs de l'importance ce cette cause judiciaire qui touche aussi en parti à la liberté d'expression artistique.

    Cette cause, mériterait que vous vous y attardiez beaucoup plus. Réfléchir à tous les conséquences que cela pourrait amener. Juste de ne plus avoir le droit de voir, lire, regarder ou écouter ce que l'on veut, c'est déjà beaucoup trop important pour ne mériter que ces quelques lignes dans votre journal.

    Un DVD documentaire existe aussi en lien avec cette cause (ART/CRIME).

    Ce procès va beaucoup trop loin. Cette cause est aberrante. Où va-t-on si l'on peut s'en tirer aussi facilement après avoir poignardé à 46 reprises ses enfants, mais qu'on ne peut faire d'effets spéciaux pour le cinéma (qu'importe si l'on aime ou pas, on a toujours le choix de le regarder). Quel genre de société sommes-nous entrain de sculpter avec ce genre de procès?

    La balle est dans votre camp "Le Devoir", afin d'approfondir ce sujet très important. Plusieurs artistes (comme Patrick Sénécal) pourrait en pâtir si jamais M. Couture est reconnu coupable dans ce procès. Ce procès n'est pas un simple fait divers de par les répercussions qu'il pourrait produire pour chacun d'entre-nous qui se soucit un tant soit peu d'avoir la liberté de pouvoir voir, lire, regarder ou écouter ce qu'íl désire.

  • Victoire Selye - Inscrit 12 décembre 2012 13 h 20

    Où est le crime, au juste?

    Il est désolant de voir à quel point on est prêts à persécuter un individu qui réussit mieux que la plupart à livrer des images réalistes d'un événement fictif. Pourquoi? Suivant la logique des procureurs, on devrait envoyer en prison tous les acteurs, réalisateurs, producteurs et artisans de film porno, horreur et d'épouvante. Il n'y aurait dès lors plus de club vidéo car personne ne peut faire assez d'argent avec juste des films pour enfants et des vidéos éducatifs. À bien y penser, même une bonne part des vidéos éducatifs deviendrait illégale - c'est à croire que ces procureurs auraient des hauts le cœur à voir des petits embryons dans le ventre de leurs mères dans une vidéo d'éducation sexuelle! Trop réaliste, diraient-ils, et ça corrompt les mœurs des enfants de voir que le petit embryion ne croît pas dans un chou!

    Pendant ce temps, dans le monde réel, les gens ayant commis des gestes semblables sur des gens en chair et en os courent toujours. Pour moi, cette cause est une manifestation claire de gens qui cherchent à sauver la face suite à de l'incompétence crasse. On n'arrive pas à arrêter et à condamner de vrais criminels? Pas grave! On va quand même arrêter et condamner des gens, peu importe qu'ils n'aient commis aucun crime. L'important, c'est que la population puisse se mettre sous la dent de la chair fraîche à détester régulièrement, et on pourra alors fièrement se vanter du travail bien accompli et justifier nos salaires.

    Franchement, la justice au Québec est rendue une vraie farce!