Cinéma québécois - Un système de présélection conservé, mais amélioré pour la soirée des Jutra

« Bien qu’il n’ait jamais autant rayonné à l’international, notre cinéma a plus que jamais besoin de se faire voir et connaître par les Québécois et les Canadiens : d’où l’importance des Jutra pour l’industrie, les cinéphiles et le grand public », disait jeudi Ségolène Roederer, directrice générale de Québec Cinéma. Elle faisait ainsi allusion au débat en cours, qui oppose les films en tournée des festivals aux oeuvres en principe destinées au succès commercial sur nos écrans.


Pour l’heure, un malentendu flotte, et l’an 2012 a attiré peu de Québécois au guichet des films maison, tout en leur valant une représentation et des prix à travers les rendez-vous étrangers. La soirée des Jutra entend donc combler le gouffre, à travers une 15e édition de diversité nourrie de coups de chapeau aux crus précédents.


Trente et un longs métrages québécois sont éligibles à 17 prix Jutra, décernés lors du 15e gala au printemps prochain. Ajoutez dans leurs catégories 40 longs métrages documentaires, 25 courts métrages d’animation et une centaine côté fiction.


Bien des critiques avaient fusé contre le système de votation en cours dans la catégorie des longs métrages de fiction. Trop de bons candidats restaient sur la touche. D’autres semblaient surreprésentés. Après évaluation rigoureuse, nous dit-on, le processus actuel sera conservé, mais amélioré.


Précisons qu’au départ, un jury de présélection (qui a vu tous les films) choisit cinq finalistes dans chaque catégorie. Ensuite, au vote universel, les membres des associations de l’industrie du cinéma québécois déterminent les gagnants. Or, cette année, le nombre des membres du jury de présélection passera de 18 à 28 membres, histoire de permettre une meilleure représentativité des métiers et d’augmenter le nombre de voix.


Par ailleurs, les jurés recevront un accompagnement en cours d’exercice, avec grilles et outils d’évaluation, encadrement, etc., pour limiter les possibilités d’influence et de prise de pouvoir. « L’ensemble de notre industrie recommande ce système amélioré », explique Ségolène Roederer.


Autres modifications : le vote au second tour, réservé jusqu’ici aux membres des associations siégeant sur le Comité de représentation professionnelle (CRP) de Québec Cinéma, sera ouvert à de nouveaux membres : l’Association des propriétaires de cinémas du Québec, l’Association des cinémas parallèles du Québec, tous les jurés du cru, l’ensemble des artistes et artisans éligibles à un prix Jutra de l’année en cours (mais ils voteront pour eux-mêmes s’ils sont en nomination ! Bizarre) ainsi qu’à tous les lauréats des Jutra depuis leur création. Le vote aura lieu pour la première fois par voie électronique, ce qui devrait augmenter la participation des membres. En espérant qu’ils voient tous les films québécois de l’année, ce que recommande Québec Cinéma.

2 commentaires
  • Jules-Jim Dupras - Inscrit 23 novembre 2012 11 h 04

    nous

    ...et nous, spectateurs, ou peut-on savoir qui sont ces 31 long-métrages de fiction ?...et même les 40 long-métrages docu ?...
    sur le site des Jutra ?

  • Jules-Jim Dupras - Inscrit 23 novembre 2012 11 h 30

    suggestion

    pourquoi ne pas ouvrir "une section" de participation du public ?
    Sur les cinq films en nomination, quelle est la MEILLEURE scène ?
    Quelle est la meilleure scène de "Rebelle" de Nguyen ?
    Quelle est la meilleure scène d' "Omerta" de Dionne ?
    Quelle est la meilleure scène de "Laurence anyway" de Dolan ?
    Vous vous souvenez des "Plouffe" de Gilles Carles et la "fameuse " scène; "...il n'y a pas de place pour les Ovide de ce monde..." ?
    Est-ce que cette participation du public gagne quelque chose ?
    Bien sur que oui !...des laissés-passés pour UNE ANNÉE de cinéma !
    Offert par l'Association des propriétaires des salles de cinéma du QC,
    par Famous Players et autres...avec beaucoup d'imagination,
    cette participation du public pourrait avoir un coté très festif, non ?
    En incluant Télé-Québec et Marie-France Bazzo, non ?