Des débuts très prometteurs pour Starbuck dans les cinémas français

Applaudi par la majorité de la critique, Starbuck a connu hier un démarrage très prometteur en France, où le long métrage de Ken Scott a pris l’affiche sur 190 écrans, ce qui constitue une grosse sortie.

À Paris, à l’issue de la fatidique séance de 14 h, moment où se joue littéralement la carrière d’un film, Starbuck avait fait 1205 entrées sur 13 écrans (soit une moyenne de 93 spectateurs par salle). En comparaison, lors de sa sortie en France, La grande séduction, dont Scott avait signé le scénario, avait attiré à la même heure 794 personnes dans 13 salles (61 entrées par salle). On connaît la suite : le film avait terminé sa course tout près de la barre des 500 000 entrées.


À deux notables exceptions près, la critique, qu’il s’agisse de la presse « intello » ou grand public, a réservé à Starbuck un accueil très favorable.


Le magazine Le Point, par exemple, a parlé d’« un des films les plus étonnants du moment ». « Une consécration méritée pour le cinéaste qui, dans ce film décapant, honore tout à la fois la pure comédie (scénario inventif, dialogues efficaces, rythme impeccable) et signe un précipité stimulant sur la paternité et ses troubles », écrit le magazine.


L’Express, l’autre news magazine français, a évoqué de son côté « une comédie québécoise réussie en forme de friandise mi-sucrée, mi-acidulée française », portée de surcroît par « un comédien formidable » (Patrick Huard).


Le magazine culturel Télérama a abondé dans ce sens : « En soi, l’idée est déjà irrésistible. Le vrai cadeau, c’est qu’elle tient sa promesse de fantaisie tout au long de ce conte familial comique et tendre. »


Même tonalité du côté de Première, de La Croix, du quotidien populaire Le Parisien (deux étoiles pour cette « comédie tantôt pesante, tantôt touchante ») ou du Journal du dimanche, qui évoque « une bonne dose d’humour, une idée en béton, un scénario malin, des dialogues irrésistibles et une bande d’acteurs attachants ».


Deux fausses notes se sont bruyamment fait entendre dans ce concert de compliments bien sentis. Elles sont venues de Libération et du Monde, qui ont sorti les lance-flammes contre le film de Ken Scott.


Libé n’y est pas allé de main morte, dénonçant une « comédie pataude et faussement trash sur un donneur de sperme trop fertile ». « Chaque démonstration de tolérance et de grandeur d’âme que le film enquille plan après plan libère toujours un sale arrière-goût moralisateur », a jugé le quotidien de gauche.


« Comme les pluies acides, le sentimentalisme californien ne connaît pas les frontières et Starbuck, entamé comme une comédie corrosive, finit dans des larmoiements d’autant plus écoeurants qu’ils baignent dans un machisme à toute épreuve », a pour sa part écrit Le Monde.


Exception faite de ces critiques très dures, Starbuck a profité, pour le début de sa carrière française, d’un bon buzz. Le succès de La grande séduction et, plus encore, le sujet (un homme qui a donné son sperme se retrouve père de 533 enfants) n’y sont pas étrangers. Tout comme la perspective d’un remake américain produit par DreamWorks, le studio de Stephen Spielberg.


Preuve de l’intérêt que suscite le film, le réalisateur, Ken Scott, lors de son passage à Paris, a été reçu au journal télévisé de 20 h, mais aussi à France Inter et à France Culture, sans doute la plus intello des radios françaises.

 

Dans le peloton


Avec son départ plutôt solide, Starbuck est dans le peloton des bons démarrages de la semaine, très loin cependant derrière L’ère de glace 4, véritable mastodonte qui a tout balayé sur son passage. Le dessin animé américain est sorti dans 900 salles et avait enregistré 11 000 entrées à Paris seulement à l’issue des premières séances.


Viennent ensuite Un bonheur n’arrive jamais seul, une comédie sentimentale avec Sophie Marceau et Gad Elmaleh (129 entrées en moyenne) et La part des anges, le dernier Ken Loach, qui devance de peu Starbuck avec 96 spectateurs par salle.


Il faudra attendre le bilan de cette première journée et surtout la fin du week-end pour qu’une tendance se confirme, mais déjà on peut avancer que la carrière française de Starbuck semble bien engagée. Il faut dire que le distributeur Diaphana n’a pas lésiné sur les moyens, avec ses 190 copies et une campagne d’affichage massive. Certains parlent d’une sortie à un demi-million d’euros (640 000 $).

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