Le FNC et Fantasia associés pour une rétrospective sur les 100 ans de la société Nikkatsu

Le directeur général du FNC, Nicolas Girard-Deltruc, et le président de Fantasia, Pierre Corbeil, croient en la synergie de leurs événements consacrés aux films.
Photo: Pedro Ruiz - Le Devoir Le directeur général du FNC, Nicolas Girard-Deltruc, et le président de Fantasia, Pierre Corbeil, croient en la synergie de leurs événements consacrés aux films.

Le rêve du président de la SODEC (Société de développement des entreprises culturelles), François Macerola, de créer des maillages entre différents festivals montréalais, porte ses premiers fruits. Le Festival du nouveau cinéma de Montréal (FNC) et le Festival international de films Fantasia s’unissent pour leur édition 2012 à travers une rétrospective conjointe soulignant le 100e anniversaire de la société de production et de distribution japonaise Nikkatsu.

Un premier segment de cinq films sera présenté à Fantasia, du 19 juillet au 7 août, et un second d’une dizaine de films au FNC, du 10 au 21 octobre. Une accréditation commune FNC/Fantasia couvrira cette rétrospective. La quasi-totalité des projections se fera à la Cinémathèque québécoise, qui offre l’accès aux copies d’archives.


Précisons que cette rétrospective d’une des plus anciennes et illustres boîtes de production nippone fait une tournée mondiale. Après New York et Paris, elle atterrira à Montréal, avant de gagner Londres, Hong Kong et Tokyo. Nicolas Girard-Deltruc, le directeur général du FNC, et Pierre Corbeil, le président de Fantasia, s’entendent pour dire qu’ils feront des économies de 50 % en s’associant pour cette manifestation, qui n’aurait pu avoir cette envergure autrement. Leurs réseaux respectifs se sont activés, les commanditaires ont suivi. Le reste du financement provient de leurs budgets.


Parmi les films présentés à Fantasia : Profound Desires of the Gods (1968) de Shohei Imamura et Postman Blues (1997) d’Hiroyuki Tanaka (Sabu). Sur le lot des oeuvres projetées par le FNC, le plus ancien film japonais, Momijigari (1897) de Tsunekichi Shibata, et Charisma (1999) de Kiyoshi Kurosawa.


Happenings et personnalités


Julien Fonfrede, du FNC, expliquait hier que cette rétrospective se fera à travers des happenings et des invités japonais, en impliquant aussi la communauté nippone de Montréal.


« En marge du processus des rencontres avec la SODEC, c’est une façon naturelle de commencer une collaboration », ajoutait Pierre Corbeil de Fantasia. Une billetterie et une accréditation communes dans l’avenir lui paraissent une bonne idée.


On se souvient qu’à la fin de l’été et au début de l’automne 2011, François Macerola avait exprimé ses voeux de voir créer des maillages entre des rendez-vous de films comme le Festival du nouveau cinéma, Fantasia et le Festival des films du monde. Si ce dernier n’a guère manifesté d’intérêt dans d’éventuelles collaborations, le FNC et Fantasia tentent le coup.


« Je crois à la synergie entre nos deux festivals, a déclaré Nicolas Girard-Deltruc. Cela peut nous permettre d’en faire plus, en gagnant en efficacité. On espère d’autres collaborations dans le futur. »


« C’est un peu un test, déclarait hier François Macerola, le président de la SODEC, et j’espère qu’il y aura une démonstration positive. » Il précisait hier que le but des maillages entre festivals n’est pas de changer les dates des uns et des autres, mais d’encourager les festivals à unir leurs efforts et leurs ressources. « S’ils collaborent, il y aura des bénéfices tangibles. »


Pour l’heure, d’autres collaborations, entre Vues d’Afrique et le Festival Black par exemple, sont envisagées. « J’espère que Téléfilm va jouer un rôle et qu’on mettra nos ressources en commun », ajoute-t-il.


Le rêve d’un grand festival unique, comme en 1995, échec mémorable, François Macerola, dont le mandat se termine dans un an et quelques mois, dit ironiquement qu’il n’a pas le temps d’y songer.