Cinéma - Un Montréalais en sélection officielle à Cannes

Juan Andrés Arango, un jeune cinéaste montréalais d'origine colombienne, voit son premier long métrage en langue espagnole La Playa D.C. retenu en sélection officielle à Cannes dans la section Un certain regard. Il sera donc admissible à la Caméra d'or qui couronne au palmarès, toutes sections confondues, un premier long métrage.

«Mon film, explique le cinéaste ravi de cette sélection, est une fiction tournée avec un budget réduit [1 million de dollars]. Il a été financé avec des fonds colombiens, français, brésiliens et hollandais. Ni la SODEC ni Téléfilm n'ont embarqué. Ils ne me connaissaient pas et jugeaient mon projet risqué.»

Établi à Montréal depuis six ans, Juan Andrés a étudié en cinéma à Concordia après d'autres études dans le même secteur en Colombie. Ici, il a oeuvré comme directeur photo sur des documentaires québécois.

La Playa D.C., qui se déroule à Bogotá, fut tourné là-bas durant l'hiver 2011. Il raconte l'histoire de trois jeunes frères afro-colombiens originaires de la région du Pacifique, déplacés par la guerre, qui viennent tenter leur chance comme coiffeurs dans la capitale ravagée par le racisme. Le film dépeint la transformation de cette ville qui a reçu plus de 300 000 réfugiés afro-colombiens de la côte Pacifique depuis 1990, à mesure que s'y installaient les groupes de narcotrafiquants.

«J'ai d'abord rencontré plusieurs jeunes réfugiés internes, explique le cinéaste, et c'est d'après leurs témoignages que j'ai écrit mon scénario. Les interprètes, des non professionnels, sont de véritables Afro-Colombiens réfugiés internes recrutés dans les bidonvilles de Bogotá. Nous avons tourné dans des conditions difficiles, avec une petite équipe, dont le directeur photo Nicolas Canniccioni, qui avait travaillé avec Xavier

Dolan sur J'ai tué ma mère. Mon film parle beaucoup de la culture afro-colombienne. Les coupes de cheveux sont importantes. L'esthétique constitue un aspect crucial. La Playa D.C. porte sur l'adolescence et le héros principal, Thomas, a 16 ans.»

Juan Andrés Arango se dit heureux que la sélection à Cannes apporte une visibilité à une communauté très peu représentée au grand écran.