Monsieur Lazhar, Coteau rouge et Café de Flore dominent la course à la 14e Soirée des Jutra

Catherine de Léan est en nomination comme meilleure actrice pour son rôle dans Nuit # 1, tout comme Mario Saint-Amand, en lice pour le trophée du meilleur acteur, pour son interprétation dans Gerry.<br />
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir Catherine de Léan est en nomination comme meilleure actrice pour son rôle dans Nuit # 1, tout comme Mario Saint-Amand, en lice pour le trophée du meilleur acteur, pour son interprétation dans Gerry.

Monsieur Lazhar de Philippe Falardeau, beau film-vedette de l'année auréolé de sa citation aux Oscar, domine sans surprise, avec neuf nominations, le bal des 14es Jutra célébrant la cuvée 2011 de notre cinéma. Il est talonné par Coteau rouge d'André Forcier (huit fois en piste, ce qui réjouit et étonne, car le film n'avait pas rejoint son public) et Café de Flore de Jean-Marc Vallée (sept nominations).

Dans la course au meilleur film: Monsieur Lazhar, Le vendeur de Sébastien Pilote, Starbuck de Ken Scott et Nuit # 1 d'Anne Émond sont en lice, mais non Café de Flore, allez savoir pourquoi. Sébastien Pilote, dont la réalisation fluide et brillante du Vendeur nous avait épatés, se voit ignoré de son côté pour la meilleure réalisation, section où concourent Anne Émond, Philippe Falardeau, Micheline Lanctôt, Ken Scott et un Jean-Marc Vallée soudain réhabilité.

Pour l'amour de Dieu de Micheline Lanctôt, monté plus haut que prévu, est six fois en lice, de même que Starbuck et Une vie qui commence de Michel Monty — film intimiste sur le deuil avec ses qualités, mais qui n'avait pas laissé de grands souvenirs. L'acclamé et remarquable Le vendeur ne reçoit que cinq citations de son côté.

Et hélas! En terrains connus de Stéphane Lalfleur, qui aurait mérité de se hausser dans les plus hautes catégories (meilleur film, meilleur réalisateur, etc.), doit se contenter d'une maigre citation au Jutra du meilleur son, tout comme Marécages de Guy Édoin, que plusieurs attendaient aux sommets. Les nominations, pourtant choisies par jury, laissent souvent perplexes.

Vingt-neuf longs métrages québécois étaient admissibles et vingt se voient représentés. Les noms des lauréats seront dévoilés le 11 mars au théâtre Saint-Denis lors du grand gala diffusé sur les ondes de Radio-Canada, animé par Sylvie Moreau et Yves Pelletier.

L'excellent Nuit # 1 d'Anne Émond récolte trois citations, certes, mais dans des catégories de prestige: meilleur film, meilleure réalisation, meilleure actrice (Catherine de Léan).

Dans le champ du scénario, à côté des scénaristes de Monsieur Lazhar, de Coteau rouge, du Vendeur et de Starbuck, on s'étonne de retrouver ceux de La run des frères Fuica (trois nominations), aux solides défauts, dont une histoire alambiquée.

Du côté de l'interprétation, Gilbert Sicotte pour Le vendeur et Fellag dans Monsieur Lazhar s'imposaient. Ils sont au poste, aux côtés de Patrick Huard dans Starbuck, de Mario Saint-Amand pour Gerry et du jeune Charles-Antoine Perreault dans Une vie qui commence; tous méritants.

Dans la course au Jutra de la meilleure actrice, les nominations se défendent bien aussi: Vanessa Paradis (Café de Flore), Catherine de Léan (Nuit # 1), Céline Bonnier (Coteau rouge), Julie Le Breton (Une vie qui commence) et Madeleine Péloquin (Pour l'amour de Dieu).

Au titre de meilleur acteur de soutien, Antoine Bertand si merveilleux dans Frisson des collines et l'extraordinaire petit Émilien Néron dans Monsieur Lazhar dominent les nominations. Paul Doucet, pourtant exceptionnel dans Funkytown, a été oublié.

Chez les actrices de soutien, la petite Sophie Nélisse de Monsieur Lazhar possède une longueur d'avance sur ses concurrentes. Dans cette section, concourt aussi Sandrine Bisson pour un rôle assez punché dans La peur de l'eau. Étonnant d'ailleurs de retrouver ce polar de Gabriel Pelletier en nomination pour la cuvée 2011, puisqu'il n'a gagné nos salles que vendredi dernier sans trop impressionner la galerie, mais une semaine de projection l'an dernier aux îles de la Madeleine lui vaudrait ses deux citations.

Curling de Denis Côté et Incendies de Denis Villeneuve se disputent le Jutra du film s'étant le plus illustré à l'étranger, mais Incendies, grand coureur de fond, devrait l'emporter.

À souligner de bons choix documentaires: Un coeur qui bat de Philippe Lesage, Inside Lara Roxx de Mia Donovan, John Max, A Portrait de Michel Lamothe, La nuit, elles dansent d'Isabelle Lavigne et Stéphane Thibault, et Les tortues ne meurent pas de vieillesse de Hind Benchekroum et Sami Mermer.