Cinéma québécois - Bouleversements en tous genres

Odile Tremblay Collaboration spéciale
Gilbert Sicotte dans Le Vendeur, de Sébastien Pilote<br />
Photo: Source Films Séville Gilbert Sicotte dans Le Vendeur, de Sébastien Pilote

Ce texte fait partie du cahier spécial Rentrée culturelle 2011

Le passé qui hante le présent est un des thèmes de prédilection de l'automne au cinéma québécois, tout comme l'écheveau des drames familiaux et le choc de cultures.

Le dernier film d'André Forcier Coteau rouge, qui assurait l'ouverture du Festival des films du monde, est une comédie surréaliste, rythmée et fort amusante sur une famille follement dysfonctionnelle dans un milieu ouvrier de la banlieue sud de Montréal. Il y est question de maternités hurluberlues et de solidarité de clan. Le film par son humour devrait rallier le grand public. Avec Gaston Lepage, Mario Saint-Amand, Roy Dupuis, Céline Bonnier, Gaston Lepage, Louise Laparé, etc. (9 septembre)

Pour l'amour de Dieu de Micheline Lanctôt. Avec Madeleine Peloquin, Ariane Legault, Victor Andres Trelles Turgeon, Geneviève Bujold, etc. Le film qui saute de 1959 à aujourd'hui, confronte une femme d'âge mûr à son adolescence, alors qu'enfant rêveuse, son amitié pour une religieuse se heurtait à l'attirance de celle-ci pour un jeune prêtre. (2 septembre)

La Cinémathèque québécoise du 8 au 10 septembre, présente des courts métrages d'anciens étudiants de l'École des Médias de l'UQAM: Super-Maire de Jean-Claude Lauzon (1979), Karaoké de Stéphane Lafleur (1999), Laurent Lamerre, portier d'André Delorme, François Bouchard et Léa Pool (1978) et J.U.I.C.E. d'Isabelle Lavigne. En présence de plusieurs cinéastes.

On a vu Sur le rythme de Charles-Olivier Michaud, mais ce cinéaste avait réalisé un premier long métrage plus personnel Snow & Ashes (Neiges et Cendres). Bon film de guerre et d'humanité, il donne la vedette à Rhys Coiro, David-Alexandre Coiteux, Lina Roessier et Jean Lapointe. On y aborde le drame de deux correspondants de guerre en Europe de l'Est. L'un a disparu, l'autre se relève d'un coma et cherche à remonter le fil des événements en analysant ses propres choix. (9 septembre)

Très attendu après le lancement à la Mostra de Venise, Café de Flore de Jean-Marc Vallée (derrière C.R.A.Z.Y.). Coproduit avec la France, le film nous trimballe entre le Paris des années 60 et le Montréal d'aujourd'hui. Histoire d'amour aux destins croisés, le film donne la vedette à Vanessa Paradis, Kevin Parent, Hélène Floret et Evelyne Brochu. On y suit les tribulations d'une jeune mère parisienne et d'un DJ montréalais entouré de femmes. (23 septembre)

La Sacrée de Dominic Desjardins met en scène Marc Farans, Damien Robitaille, Louison Danis. Il y sera question d'un imposteur de retour dans son village natal ontarien, qui lance une microbrasserie et entend faire renaître l'économie locale. (30 septembre)

Le producteur Kevin Tierney (Bon Cop, Bad Cop, Le Trotsky, etc.) a réalisé French Immersion, pont entre les deux solitudes et comédie bilingue. Cinq anglophones viennent apprendre le français dans un village québécois, se voyant interdire l'usage de leur langue maternelle. Avec Dorothée Berryman, Pascale Bussières, Robert Charlebois, Colm Feore, Yves Jacques, etc. (7 octobre)

Creux

Signé Jean-Philippe Pearson, un des coscénaristes de Québec-Montréal, Le Bonheur des autres donne la vedette à Michel Barrette, Louise Portal, Julie Lebreton, Marc-André Grondin, Ève Duranceau. Entre rires et larmes, une histoire de père absent qui attend un nouvel enfant avec sa nouvelle compagne, déclenchant les angoisses et les révoltes de sa progéniture adulte. (7 octobre)

Le documentaire Voir Ali de Martin Guérin remonte avec images d'archives et interviews le fil de la venue du mythique champion de boxe Muhammad Ali en Abitibi en 1983. (7 octobre)

Marécages de Guy Edoin. Avec Pascale Bussières, Luc Picard, Gabriel Mallé, François Papineau. Sur une ferme, après le meurtre accidentel du père par le fils, la haine s'installe, la mère sombre et un inconnu tente de prendre la place du disparu. (14 octobre)

Philippe Falardeau (La Moitié gauche du frigo, Congorama, etc.) a vu son film Monsieur Lazhar deux fois primé au Festival de Locarno. Tiré de la pièce d'Evelyne de la Chenelière, on y rencontre un sans-papiers algérien (Fellag) qui prend en charge au Québec une classe d'élèves difficiles après la mort de leur institutrice. (28 octobre)

Laurentie de Mathieu Denis et Simon Lavoie, fut lancé au Festival de Karlovy Vary. Avec Emmanuel Schwartz, Eugénie Beaudry, Guillaume Cyr. Place à l'histoire de deux voisins: l'un solitaire abonné aux films pornos, l'autre joyeux et entouré. Une jalousie maladive consume l'esseulé. (28 octobre)

Dans Nuit # 1 d'Anne Émond, deux marginaux se rencontrent et se livrent à des confidences profondes, qui éclairent leur vie. Avec Catherine de Léan et Dimitri Stroroge. (28 octobre)

Richard Desjardins et Robert Monderie, après L'Erreur boréale et Le Peuple invisible, se lancent cette fois à l'assaut des méfaits causés par les compagnies minières dans Trou Story (novembre).

Lancé à Sundance, primé à San Francisco, assurant l'ouverture du Festival de cinéma en Abitibi-Témiscamingue, Le Vendeur de Sébastien Pilote met en scène un vendeur d'automobiles (Gilbert Sicotte) dans une petite ville industrielle, confronté au chômage, dont la vie bascule. (11 novembre)

Premier long métrage fiction en français joué et réalisé par des membres des Premières Nations, Mesnak d'Yves Sioui-Durand, raconte le retour d'un jeune autochtone urbain adopté, de retour dans sa communauté d'origine qui y provoque des bouleversements. (11 novembre)

On ignore encore quel mois sortira Surviving Progress (A Short History of Progress), documentaire de Mathieu Roy et Harold Crooks, d'abord lancé au Festival de Toronto. Adapté de l'ouvrage de Ronald Wright, il remonte le cours de l'histoire et à l'aide d'interviews démontre que l'humanité n'a guère appris des pièges qui ont causé le déclin des civilisations passées.

Philippe Baylauq (Les Couleurs du sang, Hugo et le dragon), livre le documentaire Ora, allégorie dansée avec le chorégraphe José Navas et six danseurs, tourné en stéréoscopie (novembre).