Lars von Trier en a fini avec les conférences de presse

Paris — Le cinéaste danois Lars von Trier a affirmé dans le quotidien français Libération qu'il ne donnera «plus de conférence de presse», revenant sur le scandale qu'il a provoqué au Festival de Cannes quand il a déclaré comprendre Hitler.

«Je ne donnerai plus de conférence de presse, c'est fini. Maintenant, je vais faire comme Terrence Malick», cinéaste américain connu pour ne donner que de très rares interviews, déclare Lars von Trier dans une interview publiée hier par le quotidien. «Il n'y a pas de raison que lui seul ait ce privilège», ajoute-t-il.

De l'avis de nombreux critiques, Melancholia était en concurrence sérieuse avec Tree of Life de Terrence Malick, Palme d'or à Cannes, avant le scandale provoqué par Lars Von Trier, déclaré persona non grata du célèbre festival.

Interrogé sur les raisons de ce «dérapage», Lars von Trier explique qu'il avait accepté de tenir une conférence de presse à la demande de Gilles Jacob, président du festival (contrairement à Terrence Malick), mais qu'il n'avait «rien préparé».

«Comme le type qui tombe de son vélo, c'était la panique! J'ai dit des choses idiotes et je m'en veux d'avoir blessé des gens. Mon problème, c'est que j'ai la hantise des conflits et que je ne peux pas m'empêcher d'en déclencher. En face d'une assemblée qui attend que je dise quelque chose, je le fais. Et quand je dis que je suis un nazi, je suis très choqué après que les gens me croient!», explique-t-il, reconnaissant être «compliqué».

«À Cannes, j'ai touché un vrai tabou, c'est ce qui explique les réactions violentes», poursuit-il, rappelant s'être «dix fois excusé».

«Mais ce que je veux dire aussi, ajoute le cinéaste, et ce n'est pas pour me défendre, c'est que le politiquement correct est en train de tuer le monde. Si on tombe dans cette trappe, la pensée s'appauvrira.»

Melancholia, pour lequel l'actrice Kirsten Dunst a remporté le prix de la meilleure interprétation féminine, raconte une fin du monde vécue par deux soeurs aux antipodes, Justine (Kirsten Dunst), considérée comme malade et dépressive, asociale, et Claire (Charlotte Gainsbourg), mariée, protectrice, intégrée socialement.

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