Curling, de Denis Côté, est en compétition au festival Paris Cinéma

Paris — Ça bouge en France autour du cinéaste Denis Côté. Curling, son cinquième long métrage en cinq ans, est en compétition cette semaine au festival Paris Cinéma. Au même moment, celui de La Rochelle rend hommage à ce «filmeur solitaire», selon la formule des Inrockuptibles, en présentant une rétrospective de l'ensemble de son œuvre.

C'est la première fois qu'une production québécoise prend part à la compétition internationale parisienne. Huit films (suédois, français, marocain, iranien ou japonais) sont dans la course.

Pour Curling, bien accueilli lors de sa première projection lundi soir, il s'agit aussi d'une sorte de galop d'essai avant sa sortie française. Le film, qui met en vedette Emmanuel Bilodeau, prendra l'affiche l'automne prochain dans une quinzaine de salles, dont une demi-douzaine à Paris sans doute. Jolie sortie pour un film d'auteur exigeant et poignant qui peut espérer attirer plusieurs milliers de spectateurs, davantage si le bouche-à-oreille marche bien. Un prix lors du dévoilement du palmarès lundi ne pourra qu'aider sa cause.

Paris Cinéma a aussi donné à Denis Côté l'occasion de rencontrer d'éventuels coproducteurs et financiers pour son prochain long métrage, Vic et Flo ont vu un ours, avec Marc-André Grondin et la Française Valérie Donzelli. Vic et Flo... faisait partie des 12 projets sélectionnés dans le cadre de «Paris Projects», une «plateforme» de coproduction organisée dans le cadre du festival. Environ 35 rendez-vous avaient été prévus pour Côté et ses producteurs.

Curling continue donc sa belle carrière dans les festivals internationaux. Denis Côté en a fait une cinquantaine jusqu'ici, confortant son statut de chef de file du jeune cinéma québécois.

À la faveur de l'hommage que lui rend le 39e Festival international de La Rochelle (80 000 spectateurs), l'influent magazine Les Inrockuptibles a souligné que l'ancien critique de 35 ans inventait «depuis quelques années un cinéma hybride parcouru de personnages marginaux», une oeuvre singulière «sans influence ni continuateurs».
1 commentaire
  • Dieter Uhlen - Inscrit 6 juillet 2011 17 h 25

    un grand Bravo !

    Bravo à Denis Côté pour ses films qui sortent de l'ordinaire et qui redorent le balson du cinéma québecois contemporain qui copie trop souvent la mauvaise télévision (un pléonasme !) ou les mauvais films de nos chers voisins du sud de la frontière. Il reste cependant un pas à franchir pour pouvoir recevoir l'appui du grand public dans le reste de la francophonie : se passer de sous-titres en France ! oui, tous les films quebecois sont évidemment sous-titrés en français car les acteurs si bons soient-ils ne parlent pas un français standard toujours compréhensible par un francophone moyen.. c'est particulièrement flagrant dans les scènes « difficiles », celles ou on s'invectivent, on crie, ou encore celles ou on chuchotent où je défie quelqu'un de non habitué à la « parlure québecoise » (un francophone europééen par exemple) de comprendre quoi que ce soit à ce qui se dit..

    Comment se fait-il que la plupart des films des années 60 faits au Québec n'ont pas ce problème ? tout simplement parce qu'on apprenait à parler correctement à l'école à cette époque : c'est flagrant, regardez des films d'auteurs sur ONF.ca, de grands cinéastes Québecois des années 60, pas besoin de sous titres ! les acteurs s'expriment dans un français beaucoup plus standard et compréhensible !
    ce n'est malheureusement plus le cas, preuve du laxisme de l'éducation au Québec qui a mis l'accent sur la communication au détriment de la maîtrise de la langue orale...

    Comment remédier à ce problème ? tout simplement faire prendre des cours de diction pour corriger les acteurs; obliger les productions subventionnées à le faire : les films n'en auront qu'une meilleure carrière internationnale ! car le sous-titrage ça côute cher ! et c'est l'exploitant qui paye.. il faut que ce soit rentable pour lui !
    bref : adopter un français standard (je ne parle même pas d'un français internationnal) est urgent pour donner des ailes aux films d'auteurs qui vale