Cinéma - Un modèle à suivre ?

Patrick Sénécal, écrivain et réalisateur de quelques épisodes de la websérie La Reine rouge. <br />
Photo: Annik MH de Carufel -Le Devoir Patrick Sénécal, écrivain et réalisateur de quelques épisodes de la websérie La Reine rouge.

Les principaux artisans derrière la websérie La Reine rouge, Olivier Sabino et Patrick Senécal, ne s'en cachent pas: s'ils ont développé leur projet pour Internet, c'est surtout parce que celui-ci, très explicite rayon sexe et violence, n'aurait jamais reçu l'aval des bailleurs de fonds télévisuels et cinématographiques. Concocté pas Senécal, ce récit macabre conte les pérégrinations meurtrières de Michelle Beaulieu, la fille adolescente du psychopathe croisé dans 5150, rue des Ormes.

Inédite, l'intrigue reprend là où 5150, rue des Ormes avait laissé. «Patrick et moi avons financé la série de notre poche, explique Olivier Sabino au Devoir. Une trentaine de professionnels ont travaillé gratuitement, en alternance, pendant les 23 jours qu'a duré le tournage.» Ajoutez à cela des apparitions sanguinolentes de Dany Turcotte, de Marie Eykel et d'autres, ainsi qu'une chanson pour le générique composée par Mara Tremblay... Même l'ami Podz, qui a porté Les 7 jours du talion au grand écran, a mis en scène un épisode. Sabino en a réalisé quatre et Senécal, qui enseigne le cinéma, trois.

«La Reine rouge m'a permis de me familiariser et d'expérimenter avec la technique et, surtout, de côtoyer des pros, confie Patrick Senécal, qui effectue ici des débuts prometteurs. Et si je me plante, ç'aura été avec mon argent et pas avec celui des contribuables.»

L'internaute peut visionner les huit épisodes au coût de 99 cents chacun ou acheter la websérie complète, dont le dernier chapitre était mis en ligne mercredi, pour 5 $ (reinerouge.tv). «Le but n'est pas de faire un profit, souligne Olivier Sabino, mais juste de pouvoir payer l'équipe en différé.» Le principe de l'utilisateur-payeur permet en outre de régir l'accès à un contenu réservé aux 16 ans et plus. «Si le succès est au rendez-vous, j'aimerais écrire une deuxième saison, précise Patrick Senécal. Mon rêve est d'amener l'histoire jusqu'à celle d'Alyss, où Michelle figure, et dont j'espère réaliser l'adaptation.»

Les romans de l'écrivain s'étant vendus à plus de 500 000 exemplaires, gageons que les fidèles assureront le devenir de cette deuxième saison. Quant au modèle mis en avant par la production à l'heure des contenus gratuits (mais pas forcément rentables), l'avenir nous dira s'il fera des petits.

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Collaborateur du Devoir

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