Épris de courts - Le festival Regard sur le court métrage au Saguenay célèbre cette année son 15e anniversaire

Si on mesure le succès d'une manifestation culturelle à sa longévité, alors on peut dire que Regard sur le court métrage au Saguenay, festival exclusivement dévolu à cette forme narrative, a remporté son pari.

Cette année, en effet, cet événement dont s'enorgueillit à juste titre ce coin de pays soufflera 15 bougies.

Une 15e édition, donc, qui comme par le passé, donnera un juste aperçu de ce qui se produit ici et ailleurs, ce Regard-là étant résolument international.

Le monde vient voir le monde

Lancées ce soir à Saguenay, les festivités se dérouleront jusqu'à dimanche sous les bons offices du porte-parole, Simon Olivier Fecteau (Bluff, En audition avec Simon). Et on a ratissé large! De fait, tant la programmation régulière que les volets spéciaux accueillent des oeuvres issues des quatre coins du globe. La compétition officielle compte à elle seule 66 films venus de 24 pays différents.

Cette année, le volet Carte blanche a été confié au festival mexicain Expresión en Corto, spécialisé lui aussi dans le court métrage, et qui a retenu six oeuvres locales. De France, on aura droit à la rétrospective «Autour de minuit» consacrée à la maison de production du même nom, fief de l'avant-garde cinématographique créé par Nicolas Schmerkin et lauréat d'une pléthore de prix, dont l'Oscar du court métrage 2010 remis à Logorama. Présenté de concert avec le Festival international du film Molodist (mot signifiant «jeunesse» en ukrainien), le segment «Le nouveau cinéma ukrainien - 20 ans de liberté» proposera sept courts métrages représentatifs d'une cinématographie nationale bourgeonnante.

Cette ouverture sur le monde se retrouve également dans la section «Le cinéma qui dérange», qui aligne neuf productions québécoises et étrangères, dont le superbe Paradis perdu, court métrage israélien aussi habile que troublant. Le collectif en mouvement Kinomada, fondé à Québec en 2009, s'amènera de son côté avec des coproductions en provenance du Pérou, du Mexique et du Chili.

De tout, pour tous

S'il est certain de rencontrer les standards du cinéphile adulte, Regard sur le court métrage au Saguenay n'oublie pas les plus jeunes pour autant. Ainsi, les élèves du primaire et du secondaire profiteront-ils, chacun, d'une programmation sur mesure. Roulez jeunesse! De la même manière, les projections de la fin de semaine laisseront une large place au contenu familial. Un volet plein air aura lieu: «Chapeau d'hiver et bottes de poil», on adore le nom!

Regard sur le court métrage au Saguenay se conclura donc dimanche soir. Les oeuvres en lice concourent pour le Prix international, décerné par un jury de professionnels et assorti d'une bourse de 5000 $. Le Prix national, celui de la réalisation, du scénario, ainsi que le Prix du public sont quant à eux accompagnés d'une bourse de 1000 $ chacun.

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Collaborateur du Devoir