French kiss sur l'oreiller

Claude Legault, Céline Bonnier et Didier Lucien tiennent la vedette dans «French Kiss», de Sylvain Archambault.
Photo: - Le Devoir Claude Legault, Céline Bonnier et Didier Lucien tiennent la vedette dans «French Kiss», de Sylvain Archambault.

Vue depuis le dernier étage de l'hôtel Saint-Germain, l'avenue du Président-Kennedy a des allures de grand canyon blanc tant la neige dehors tombe drue et cotonneuse. Dans la suite, les attachées de presse s'affairent; ici, le réalisateur Sylvain Archambault termine une entrevue, là, le comédien Didier Lucien descend de la mezzanine en arborant un air faussement catastrophé. «Céline Bonnier veut un thé vert! Un thé vert pour Céline!», annonce-t-il en feignant la panique. Là-haut, la comédienne et son partenaire à l'écran, Claude Legault, reçoivent les médias au lit. Y'a plus qu'à plonger!

Construit sur la formule du malentendu amoureux, French Kiss met en scène une bibliothécaire un brin timorée qui s'éprend d'un courtier qui, après qu'elle l'a pris pour un ancien camarade de classe, décide de devenir pour elle le type en question. Or la supercherie ne s'arrête pas là... «Ça repose sur le mensonge de gens honnêtes», de résumer joliment Claude Legault.

Changer de registre

«French Kiss s'est tourné dans la bonne humeur absolue», assure Sylvain Archambault. On veut bien le croire, à en juger par l'atmosphère ambiante. Année faste sur le plan professionnel pour le réalisateur, qui a enchaîné coup sur coup Pour toujours les Canadiens, Piché: entre ciel et terre et maintenant French Kiss. «Espacer les projets convient à certains, mais moi, je ne suis bien que dans le travail constant. J'ai besoin de tourner. J'aime expérimenter avec différents genres», explique le réalisateur.

Séduit par le scénario, Sylvain Archambault voit très tôt ses têtes d'affiche. «J'avais travaillé avec Céline et Claude sur le projet des Canadiens, mais ils n'y partageaient pas de scène.» Si au cinéma la chimie entre les comédiens est souhaitable, elle devient carrément nécessaire dès lors qu'il s'agit de faire croire au rapport amoureux. «Déjà, au moment de la lecture commune, je sentais que le courant passait», relate un Claude Legault confortablement adossé à son oreiller de plume. «Je déconnais, je faisais des "jokes" parfois limites, question de voir à qui j'avais affaire.» À ses côtés, Céline Bonnier s'anime: «Et j'ai ri! Et c'est vrai que ce fut rapidement évident que la chimie était au rendez-vous.»

Plus volontiers associée au drame, Céline Bonnier (Monica la mitraille, Délivrez-moi) se dit ravie de donner dans la comédie. «Le drame demande beaucoup, mais comporte aussi une dimension exutoire. La comédie... c'est un peu des vacances; c'est comme avoir la permission de manger des bonbons toute la journée», confie-t-elle.

L'humour, Claude Legault connaît, lui dont les débuts furent marqués au sceau de l'improvisation. Ces dernières années toutefois, il s'est surtout illustré dans des rôles dramatiques très intenses; on pense à Minuit, le soir, aux 7 jours du talion et à 10 1/2. «De la comédie, j'en ferais tous les jours.» D'autant plus que French Kiss lui permet de travailler de nouveau avec Didier Lucien, son complice de la série Dans une galaxie près de chez vous. Ce dernier, langoureusement installé sur l'édredon, s'amuse d'ailleurs ferme à commenter les réponses des deux autres. Et c'est ainsi qu'on laisse les copains de chambrée à leurs réminiscences, amusé à rebours par le contexte insolite de l'entretien. French Kiss prend l'affiche le 11 mars.

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Collaborateur du Devoir

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