Navet psychotronique

Karine Vanasse et Sébastien Huberdeau devaient regretter leurs rôles dans le Polytechnique de Villeneuve, car les voici tombés de haut. Mal dirigés à mort, récitant leurs répliques sans conviction. Les voici lancés à fond de train dans une aventure qui marie des déboires de couple (Stéphanie travaille trop, Éric la trompe. Vivement le renouveau conjugal sous le soleil) au suspense d'horreur. Car un méchant camion noir (les camions noirs sont toujours méchants) colle au derrière de leur véhicule, alors qu'un tueur en série à face de monstre et au visage brûlé (Peter Muller, méconnaissable, mais que diable vient-il faire là?) les a dans sa mire, tant Stéphanie prend des photos étourdiment. Bienvenue aux touristes!

Valse-hésitation d'Éric, incarné par Sébastien Huberdeau, devant la grossesse annoncée de sa blonde (d'abord pas content, puis veut l'enfant). Le gars n'a pas le bon rôle ici, ahuri et faiblard.

C'est tourné à Cuba, dans un Santiago imaginaire. Mais on dirait qu'il n'y a personne, ou à peu près, dans ce pays, à part une fille trop sexy et violente destinée à périr (tout son être le crie), un hôtelier et d'autres figures de nécessité, plaquées là avec des répliques creuses et des profils mal cousus. Tant qu'à tourner à l'étranger, mieux vaudrait montrer la population, mettre des scènes de rue, de fête. Or ici, pas de grand bal des figurants, mais de rares interlocuteurs qui leur parlent un espagnol dont ils ne comprennent pas grand-chose. Le dialogue de sourds semble symboliser le film.

Une scène particulièrement incohérente se déroule dans une halte routière. Éric parle dans son cellulaire à sa maîtresse et partenaire d'affaires (Sophie Cadieux, évacuée en quelques répliques) tandis qu'un meurtre crapuleux se déroule dans la pièce d'à côté, avec les cris de la femme qu'on assassine qu'il entend sans réagir. Quant à Stéphanie, elle dort comme une bienheureuse dans la bagnole. Le sot policier (Edwin Jose Fernandez Collado) qui vient enquêter les laisse partir sans les fouiller. Etc. Le tueur à la face brûlée n'est lui-même pas tuable, et il continuera de sévir tel un zombie avec trois balles dans le corps. Idem pour le policier increvable qui tue presque après son trépas. Cadavre dans le coffre de la voiture, cascades mal embouchées, dialogues absurdes, scénario impossible et acteurs désemparés. N'en jetez plus.

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Angle mort
Réalisation: Dominic James. Scénario: Martin Girard. Avec Karine Vanasse, Sébastien Huberdeau, Peter Miller, Claire Pimparé. Edwin Jose Fernandez Collado. Image: Jérôme Sabourin. Montage: Sacha Sojic. Musique: Louis Côté et Samuel Laflamme.

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