L'amour au temps du Parkinson

Jake Gyllenhaal et Anne Hathaway dans une scène de Love and Other Drugs.<br />
Photo: David James - Twemtieth Century Fox Jake Gyllenhaal et Anne Hathaway dans une scène de Love and Other Drugs.

La fabrication des médicaments et celle des films se ressemblent sur un point: l'art subtil et délicat du dosage. Et le talent s'avère parfois une molécule très rare, peu importe la démarche.

Edward Zwick est loin d'en être dépourvu, mais le cinéaste est surtout un habitué des productions costaudes (Glory, The Last Samurai, Blood Diamond), peu porté sur l'intimité. D'où notre étonnement devant Love and Other Drugs, un film où les étincelles sont surtout provoquées par deux interprètes souvent dénudés, faisant fi de la pudeur habituelle qui règle les lois de l'amour physique dans le cinéma hollywoodien. Évidemment, ceux qui espèrent un Dernier Tango à Paris version 2010 devront prendre leur mal en patience.

Pour tous les autres, ils sauront se réjouir des mésaventures de Jamie (Jake Gyllenhaal, le plus sexy des cabotins), d'abord écrites par Jamie Reidy dans Hard Sell, un récit autobiographique se déroulant dans les années 1990 alors qu'une pilule miracle fait son apparition: le Viagra. Si le succès de ce médicament explosif (!) est indéniable, il n'est qu'un aspect parmi d'autres de l'existence tourmentée de ce séducteur déterminé à transformer sa vie... professionnelle.

Devenu représentant d'une grande compagnie pharmaceutique, il s'incruste dans les cabinets des médecins et c'est dans l'un d'entre eux qu'il fait la connaissance de Maggie (Anne Hathaway, d'un naturel étonnant), une pharmacie ambulante qui pourrait lui fournir de nouvelles occasions d'affaires. Esprit libre et rebelle, beauté sans artifices, rien ne lui résiste, sauf de sérieux problèmes de santé et une peur farouche de l'engagement sentimental. Dire que ces deux-là font la paire serait mentir, surtout quand la maladie de Parkinson s'en mêle...

Ce qui démarre comme une pétillante comédie romantique, pimentée de situations grotesques où s'étale toute la bêtise des Don Juan bas de gamme, se transforme avec discrétion en «medical drama». L'amour s'impose ainsi comme une prescription essentielle et les clichés larmoyants viennent quelque peu rassurer ceux qui avaient préparé leurs mouchoirs et croyaient ne jamais s'en servir. Love and Other Drugs laisse tout de même planer un doute à ce sujet: pas de quoi crier au génie, mais un faible espoir qu'Edward Zwick a pris plaisir à ces bagarres d'un nouveau genre dans sa filmographie, celles qui se déroulent entre deux draps.

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Collaborateur du Devoir

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