Une incarnation de trop

Marc Messier défend un personnage plus complexe que les autres dans la peau du coach troublé.<br />
Photo: Films Séville Marc Messier défend un personnage plus complexe que les autres dans la peau du coach troublé.

Ouf! On voudrait bien sauver quelque chose de ce Lance et compte le film, qui arrive après toutes les séries du même nom, dont la première en 1986. Quelle longévité pour l'équipe du National. Voici une incarnation de trop, c'est sûr. La série a ses fans, et le hockey fait vendre, tout en n'ayant pu éviter le gouffre à la Pour toujours les Canadiens. Prouvant qu'il y a des limites à ce que les cinéastes peuvent faire endurer à notre sport national.

On peut parler de naufrage pour Lance et compte le film, écrit par Réjean Tremblay, réalisé par Frédérik D'Amours. Cette facture télévisuelle, ces effets-chocs mal embouchés! Ce scénario surtout... Entreprise casse-gueule que celle de faire périr à quelques minutes du début la moitié de l'équipe du National. Car tout le film ne sera ensuite que deuil, désarroi, parties perdues, dépression collective, et ce, presque jusqu'à la fin. Pas de quoi stimuler les amateurs de hockey qui apprécient quand ça lance et compte. À qui ce film s'adresse-t-il? Pas aux critiques en tout cas. Même des admirateurs inconditionnels devraient s'arracher quelques cheveux et s'esclaffer quant au reste.

Tant de répliques ridicules en enfilade! Dur! On les écoute en se pinçant, avec l'envie de les recueillir pieusement pour la postérité du psychotronisme. Clichés, vulgarités, expressions absurdes. Les joueurs qui s'offrent des aventures en tournée «fourrent le chien» et autres gracieusetés dont le scénario se voit parsemé. Le film se désire porteur d'émotions, mais se dilue plutôt dans une sauce larmoyante, en plus d'afficher des invraisemblances.

Devant la déroute du National, qui rate tous ses matchs au grand dam de ses dirigeants, un épisode secondaire, celui de travailleuses d'une usine menacée de fermeture, avec Louise Portal dans la peau de la porte-parole, se relie si mal au tronc central qu'il tient de la greffe rejetée par le corps avec violence.

La première série des Lance et compte avait fait date en mettant en scène entre autres un Carl Marotte doté de chien et de charme. Il revient ici pour fouetter les troupes, mais c'est le personnage de son fils (Jason Roy-Léveillée) qui joue désormais le rôle du jeune premier au lit et à la patinoire. Sauf qu'il ne possède pas le charisme de Marotte et ne fait guère fantasmer la galerie.

Marc Messier, qui défend un personnage plus complexe que les autres dans la peau du coach troublé, tient son rang auprès de Marina Orsini en maîtresse femme, pourvu que le scénario lui permette de s'évader de la purée de pois d'un personnage accablé, ayant perdu son punch.

Le film consterne, ni plus ni moins. À moins de le prendre au second degré... pour en rigoler.

***

V.o.: Quartier latin, Place LaSalle, Carrefour Angrignon, StarCité, Beaubien, Côte-des-Neiges, Langelier, Lacordaire, Marché Central.
2 commentaires
  • Stéphane Laporte - Abonné 26 novembre 2010 12 h 56

    misère

    En rigoler? Non pas envie du tout. J'ai entendu il y a quelque temps Monsieur Tremblay discourrir sur les différence d'écriture entre la télé et le cinéma, misère! Il a été conseillé par Éric Canuel qui apparament lui a touit enseigné, bien sur.... Puis il a fait quelque entrevue ou il explique : «Dès que ta fin est écrite en cinéma, tout va. C’est comme un beau voyage en moto, tu connais la destination, mais tout ce qui compte, c’est le voyage. Une fois que j’ai compris cela, l’écriture de Lance et Compte le film fut une maudite belle aventure» (http://fr.canoe.ca/divertissement/cinema/nouvelles Et c'est ça qui fait du cinéma ici !?! C'est vraiment pathétique! Qu'elle merde!

  • Roland Berger - Inscrit 26 novembre 2010 17 h 03

    Merci, Madame Tremblay

    Je n'irai pas voir Lance et compte film. Du réchauffé refroidi, non merci.
    Roland Berger