Cinéma du Québec à Paris - Chacun cherche son coproducteur

Paris — La septième édition des Rencontres de coproduction francophone prend fin aujourd'hui à Paris. Les producteurs de 30 longs métrages en cours de production (dont 2 seulement du Québec) sont venus donner un coup de pouce au destin dans le cadre de ce volet de trois jours enchâssé dans l'événement Cinéma du Québec, orchestré par la SODEC, qui roule au Forum des images jusqu'à dimanche.

Ça ressemble à du speed dating. Certains, au stade du financement, cherchent un partenaire dans la durée. D'autres, rendus au stade de la postproduction, sont en quête d'un vendeur international. Tous ont en tête le même objectif: unir des forces fragilisées par l'économie et l'état du cinéma qui sort des sentiers battus.

«Par les temps qui courent, le milieu du film d'auteur a besoin de se serrer les coudes. C'est pourquoi la coproduction apparaît comme une voie naturelle», faisait remarquer au Devoir hier le producteur français Mathieu Bompoint, de Mezzanine Films, rencontré à l'issue d'une dernière ronde de pitchs dont voici le protocole: devant une salle composée de gens de l'industrie du cinéma issus de tous les pays francophones, des producteurs et réalisateurs viennent un par un présenter leur projet (sujet, nature, distribution, budget) et identifier leur besoin: un coproducteur suisse parce qu'on doit tourner dans les Alpes avec Benjamin Biolay, un partenaire québécois parce qu'un personnage «pourrait être Canadien», etc.

Dimension humaine


Mathieu Bompoint (venu chercher un coproducteur pour Le Paradis des bêtes) aime l'événement pour sa dimension humaine, qui permet d'aller droit à l'essentiel auprès d'interlocuteurs de la même famille: «On se retrouve toujours un peu perdus dans les grands marchés comme Cannes et Berlin», dit-il.

Le Québécois Nicolas Comeau (L'Histoire de Jen), de 1976 Productions, est du même avis. De passage à Paris pour l'événement, il est à la recherche de projets singuliers, artistiquement ambitieux, dont le budget global avoisine les deux millions d'euros. Sa participation à la production du récent Un nuage dans un verre d'eau, de Srinath Christopher Samasinghe, s'est amorcée ici même en 2008, «à la suite d'une rencontre d'à peine cinq minutes. Nous avons tout de suite compris que nous étions faits pour nous entendre». Il lui restait hier une dizaine de rendez-vous à honorer.

Pareil pour le Belge Anthony Rey (De leur vivant, en recherche d'un distributeur international et d'acquéreurs télévisuels), qui participe aux Rencontres depuis trois ans et dont la société Hélicotronc développe un projet avec le producteur Daniel Morin (J'ai tué ma mère).

Samuel Gagnon (Kamataki) marche dans leurs pas. Le fils du réalisateur Claude Gagnon, à la tête de Zuno Films avec son épouse Bahija Essoussi, cherche ici un partenaire français ou belge pour Mille et un ennuis, une comédie de Christian Laurence (Le Journal d'Aurélie Laflamme) racontant la périlleuse histoire d'amour d'un Québécois pure laine avec une immigrante d'origine marocaine.

Il reste maintenant à savoir quelle place occuperont l'an prochain ces Rencontres de coproduction francophone dans un Cinéma du Québec dont la SODEC entend repenser la formule. Une chose est certaine: la poursuite de son rôle de rassembleur et d'intermédiaire, dans une francophonie dont le Québec demeure le cousin excentré, apparaît d'une importance primordiale. Indépendamment des retombées directes ou indirectes mesurables. Le leadership n'est pas un phénomène qui se mesure.

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Collaborateur du Devoir