Cinéma du Québec à Paris - La SODEC réfléchit à l'avenir de la formule

Le président de la SODEC, François Macerola, voit un grand potentiel dans la vente à l’international. <br />
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir Le président de la SODEC, François Macerola, voit un grand potentiel dans la vente à l’international.

Notre cinéma s'exporte. Rencontre avec le président de la SODEC, François Macerola, à l'occasion de l'ouverture ce soir à Paris de l'événement Cinéma du Québec.

Notre cinéma a besoin d'air. Il est même bénéfique pour nos auteurs, dans un climat où la cinéphilie est en perte de vitesse, «d'aller se faire voir ailleurs», comme me l'écrivait la semaine dernière le réalisateur Denis Côté. De se définir dans le regard des autres, plutôt que de se regarder dans le miroir. L'événement Cinéma du Québec à Paris, qui débute ce soir au Forum des Images pour s'y installer jusqu'à dimanche, a pour mandat de le faire exister «en terrains connus», mais non encore conquis, et de cultiver nos amours imaginaires avec ce pays encore rébarbatif à cet «accent canadien» qui a le bon goût de disparaître quand on chante.

Au menu de cette 14e édition: dix-huit longs métrages produits ici, parmi lesquels 10 1/2, Jo pour Jonathan, Filière 13,

Piché entre ciel et terre, Curling, Les Dames en bleu, The Trotsky, etc. À cet éventail large s'ajoute une oeuvre encore inédite chez nous: Une vie qui commence. Ce film d'époque (les années 60) produit par Pierre Even (C.R.A.Z.Y.) sera projeté ce soir en présence de son réalisateur, Michel Monty, et du président de la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC), François Macerola, ce dernier accompagnant dans la Ville lumière une délégation de 90 Québécois partis à la rencontre de 175 interlocuteurs européens.

Plus qu'une vitrine

Car Cinéma du Québec n'est pas seulement une vitrine. Derrière l'écran se profilent un marché du film et des rencontres de coproduction francophone. L'événement constitue une des initiatives ponctuelles de la SODEC visant à faire rayonner notre cinéma et notre industrie sur la boule. Mais des programmes gouvernementaux clairs ayant des visées plus précises sur la meilleure façon de le faire seraient sur la planche à dessin. «Nous sommes en train de revoir notre participation dans les festivals et les marchés; nous sommes trop éparpillés à l'international», me confiait François Macerola il y a dix jours, lors d'une rencontre dans les bureaux de la SODEC, rue Saint-Jacques à Montréal. Il faut à son avis définir les événements en fonction de leur objectif: celui-ci, plus vitrine, sert au rayonnement culturel; celui-là, plus marché, à trouver des acquéreurs pour nos films. À titre d'exemple, «Nous allons continuer d'aller à Karlovy Vary pour le rayonnement. À Toronto, on ira pour vendre». Il règne présentement une certaine forme de confusion, de l'avis de François Macerola. Cinéma du Québec à Paris ne fait pas exception. Projections publiques, marché, rencontres de coproduction, «on veut trop en faire, dit-il. Nous avons voulu, je crois, justifier notre présence, et la meilleure façon de le faire a été de multiplier les avenues. Je pense que nous devrions revenir à une approche plus puriste et minimaliste en définissant clairement nos objectifs».

Piloté par le Commissariat européen de la SODEC, Cinéma du Québec à Paris coûte au bas mot 400 000 $ aux contribuables, à peu près l'équivalent de la somme dépensée par la SODEC à Cannes: «Le budget consacré par la SODEC à la diffusion et au rayonnement du cinéma québécois à l'étranger est dépensé de la même façon depuis bon nombre d'années. Est-ce qu'on doit continuer à l'utiliser de cette façon-là? Je ne le sais pas. Mais les producteurs, distributeurs, réalisateurs, avec qui nous travaillons, doivent le savoir. Pour cette raison, nous multiplions les rencontres avec eux dans le but de découvrir comment nous pourrions dépenser le dollar "sodequien" afin d'en tirer le meilleur bénéfice possible.»

Collaboration essentielle

Parallèlement à la SODEC, qui définit ses propres priorités et projets dans ce dossier, Téléfilm Canada possède un bureau Festivals et marchés consacré exclusivement à l'international. Exposé aux intempéries politiques, le fil fragile qui relie ces deux institutions se brise souvent. Pour François Macerola, qui a été directeur général de Téléfilm de 1995 à 2001, la collaboration entre elles est essentielle et doit demeurer, comme c'est le cas présentement, harmonieuse.

Or, pendant que l'État intervient, le privé bat en retraite. Ainsi, à l'exception des Films Séville, où Anick Poirier fait des miracles (elle a réalisé, en grande partie, les ventes à l'étranger d'Incendies), les maisons de distribution québécoises ont abandonné au fil des ans la vente à l'international. Pas rentable. François Macerola évalue quant à lui un grand potentiel. «Des gens à courte vue à la tête de sociétés ont mis ça [la vente internationale] de côté parce que ça n'était pas assez payant. Or, si j'avais une autre carrière à commencer, je m'orienterais vers ça. Il y a beaucoup à faire», affirme celui qui croit fermement à l'attrait de notre cinéma à l'étranger, et qui voit la France comme une première étape dans un processus de conquête internationale. «Nous avons une relation très privilégiée avec la France. Nos producteurs et nos réalisateurs se tournent spontanément vers elle. Mais d'autres pays nous intéressent.»

Pour l'heure, Cinéma du Québec s'installe aux Halles pour sept jours, sous la présidence d'honneur de Carole Laure et le parrainage de Xavier Dolan, dont Les Amours imaginaires poursuivent leur lune de miel avec les spectateurs français.

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1 commentaire
  • reveur equitable - Inscrit 23 novembre 2010 12 h 01

    un nouveau documentaire, mon ami pierrot le dernier homme libre

    bonjour a toute l'équipe

    samedi le 4 décembre sera présenté à montréal un nouveau documentaire intitulé, mon ami pierrot le dernier homme libre.... sur le créateur des boites à chansons les deux peirrots du vieux montreal

    www.dedicaces.info

    merciiiiiii

    pierrot
    ermite des rotues