L'aventure en long et en métrage

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Photo: AZ Film 8 fois debout brosse le portrait d’Elsa, qui se remet avec peine d’une probable dépression.

Rencontrés à l'occasion du récent Festival du nouveau cinéma, le réalisateur Xabi Molia et l'actrice Julie Gayet racontent la genèse étonnante du film 8 fois debout.

Inspiré du dicton «sept fois à terre, huit fois debout», le film 8 fois debout marque l'aboutissement pour le jeune cinéaste Xabi Molia et la comédienne Julie Gayet (Un baiser, s'il vous plaît) d'un projet très cher. «Tout a commencé par un court-métrage, il y a cinq ans», explique Molia en début d'entretien par un petit matin humide et gris. Assise près de lui, croissant à la main, sa vedette sourit aussitôt à ce souvenir. Dès lors, il fait un peu soleil dans la salle de presse.

8 fois debout brosse le portrait d'Elsa, une jeune femme dont on comprend qu'elle se remet avec peine d'une probable dépression. Mère maladroite une fin de semaine sur deux, chassée de son minuscule studio, travailleuse au noir qui en arrache, Elsa chemine vaillamment au bord d'un gouffre dont elle n'a que trop conscience.

Elsa, c'est Julie

«Je voulais Julie dès le départ, déclare Xabi Molia. Mais avec les agents, pour du court-métrage, c'est parfois compliqué. Et peu d'acteurs connus acceptent d'en faire. Puis je me suis retrouvé sur une production dont le coiffeur connaissait Julie. Il m'a offert de lui remettre le scénario.» L'actrice, peu soucieuse du format, lit et aime.

Le court-métrage relatait le voyage à la mer d'une mère et de son fils après que celle-ci eût été expulsée de chez elle. Avec pour toile de fond l'attente de nouvelles pour un boulot, les retrouvailles avec son enfant virent en eau de boudin. «Le tournage s'est merveilleusement bien déroulé, se rappelle Julie Gayet. Ça a été une vraie rencontre, avec Xabi. J'aimais ses influences, le cinéaste Lodge Kerrigan au premier chef, avec ses films Claire Dolan, Keane... Rapidement, on a senti qu'il y avait beaucoup plus à explorer avec le personnage d'Elsa.»

Avant même la fin du tournage, réalisateur et actrice s'entendent donc non seulement pour retravailler ensemble, mais surtout pour pousser plus loin cette histoire qui deviendra une séquence clé du film qu'ils espèrent alors tourner. «Le ton du court-métrage était très grave et pour le long, j'envisageais d'emblée d'intégrer une certaine fantaisie, des touches d'humour discrètes afin d'alléger un peu le drame. Tout ça dans l'esprit d'un certain cinéma indépendant américain, à la Little Miss Sunshine, qui me plaît énormément.» Bonjour les ennuis!

Importer une attitude qui a fait ses preuves autant que recettes outre-Atlantique aurait dû sourire aux producteurs potentiels. Il n'en fut rien. «C'est très parisien cette manie de vouloir tout compartimenter», affirme Julie Gayet en secouant la tête. Xabi Molia renchérit: «En France, le drame, c'est sérieux. La comédie relève d'une autre tradition et on rechigne à mélanger les deux. Une productrice très connue m'a garanti qu'on se casserait les dents, que ça ne se faisait pas», raconte le jeune auteur, avec le sourire de celui qui a ri le dernier. 8 fois debout prend l'affiche aujourd'hui.

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