Le tour du monde en 100 films

Le président des RIDM Philippe Baylaucq, la directrice de la programmation Charlotte Selb et la directrice générale Roxanne Sayegh lors du dévoilement de la programmation, hier à Montréal.<br />
Photo: Jacques Grenier - Le Devoir Le président des RIDM Philippe Baylaucq, la directrice de la programmation Charlotte Selb et la directrice générale Roxanne Sayegh lors du dévoilement de la programmation, hier à Montréal.

Place, dès le 10 novembre, à la 13e édition d'un rendez-vous du documentaire dont l'auditoire ne cesse de croître. «L'an dernier, 50 % du public venait voir des films pour la première fois», précise la nouvelle directrice générale des Rencontres internationales du documentaire de Montréal (RIDM), Roxanne Sayegh, qui succède à Marie-Anne Raulet.

«Un festival anticynique qui cherche à trouver des solutions aux problèmes du monde avec de la poésie, de la beauté, de l'émotion», précise Philippe Baylaucq, le président. Soixante invités sont attendus cette année.

En ouverture, le film Les Fros de la réalisatrice Stéphanie Lanthier. Près de 40 ans après Les Bûcherons de la Manouane d'Arthur Lamothe, situé en Haute-Mauricie, ce documentaire nous plonge dans l'univers des débroussailleurs d'Abitibi, toujours dans la forêt boréale, mais avec l'immigration en fond de scène, à l'heure où des bûcherons du Mali, de la Roumanie, de Russie, d'Albanie viennent grossir les rangs des Québécois de souche, dévoilant une réalité multiethnique nouvelle.

C'est le documentaire Waste Land de Lucy Walker (Prix du public à Berlin et à Sundance), mêlant la photo et les ordures dans le grand dépotoir de Rio sur un projet de l'artiste visuel Vik Muniz, qui clôturera le bal.

Figures québécoises

De gros plans sont posés sur le défunt cinéaste Marcel Simard, avec quatre films à l'appui, dont Québec rouge et Le Grand Monde. Également sur un autre disparu québécois, le syndicaliste Michel Chartrand, trois films sur lui, dont une première mondiale: Michel Chartrand, le malcommode de Manuel Foglia.

Le cinéaste français Denis Gheerbrant viendra présenter sa série sur Marseille et Jean-Marie Drot, Journal de voyage au Canada, trois films tournés au Québec au cours de la Révolution tranquille. Pour souligner les 20 ans de la chute de l'URSS, six films récents sont présentés sur le sujet, dont War Games and the Man Who Stopped Them de Dariusz Jablonski.

Dans la section Caméra-stylo, I Wish I Knew du Chinois Jia Zhang-ke, sur la ville de Shanghai, et Voisins de Tahani Rached (longtemps à l'ONF), sur un quartier chaud du Caire, sont au programme, tout comme L'Amour fou de Pierre Thoretton, tissé de mode et de l'amour de Pierre Bergé et Yves Saint-Laurent. Après Junior, les Québécois Isabelle Lavigne et Stéphane Thibault captent le milieu des danseuses du ventre égyptiennes dans La nuit, elles dansent. Et Nicolas Zavaglia signe une chronique des dernières années du cinéaste d'animation Ryan Larkin à travers Ryan's Renaissance.

Dans le volet Caméra au poing, des oeuvres comme Still Alive in Gaza de Nicolas Wadimoff (qui avait coréalisé Clandestins avec Denis Chouinard). Tehran Without Permission de l'Iranienne Sepideh Farsi, tourné dans son pays sous le manteau avec un téléphone cellulaire. Grace, Milly, Lucy de Raymonde Provencher, sur les enfants-soldates en Ouganda.

Quelques titres de la section ÉcoCaméra: Gasland de Josh Fox sur le gaz de schiste, Cool It d'Ondi Timoner, qui conteste le documentaire écologique d'Al Gore, An Unconvenient Truth. À voir aussi: Chercher le courant de Nicolas Boisclair et Alexis de Gheldere sur la lutte du comédien Roy Dupuis contre les barrages hydroélectriques sur la rivière Romaine, ainsi que Space Tourists de Christian Frei, primé à Sundance.

Le segment plus éclaté DocTape propose des films comme Blank City de Celine Danhier, histoire du cinéma underground dans le New York des années 1970, et Stones in Exile de Stephen Kijack.

Denis Gheerbrant viendra donner une leçon de cinéma. Aussi, les Américains D. A. Pennebaker et Chris Hegedus, derrière les mythiques Don't Look Back, Monterey Pop, The War Room. Tout comme la Québécoise Isabelle Lavigne.

Deux tables rondes sont au menu: «Réalisatrices des Amériques: un état des lieux du nord au sud», ainsi que «Doc et art communautaire: quelles expériences pour quels résultats?»

1 commentaire
  • Nathalie Gressin - Inscrite 27 octobre 2010 20 h 39

    Belle brochette de films aux RIDM!

    Comme l'indiquait Odile Tremblay, il y a plus de 40 ans, Arthur Lamothe tournait son documentaire à succès mondial Les Bûcherons de la Manouane. On peut le visionner sur le site de l'ONF à l'adresse suivante: http://www.onf.ca/selections/identits-et territoires/visionnez/Bucherons_de_la_Manouane/
    et retrouver les commentaires truculents du cinéaste sur le tournage dans son site personnel: http://www.freewebs.com/arthurlamothe/
    Bon cinéma!