À voir à la télévision le mercredi 18 juin - L'inspiration retrouvée

Dix ans déjà que Jacques Rivette reçut à Cannes le Grand Prix du Jury pour son très long (240 minutes) 15e long métrage, La Belle Noiseuse, dont Divertimento, présenté ce soir à Artv, constitue une variation réduite (125 minutes), néanmoins augmentée de scènes inédites dans la première version. À dix ans d'écart, on n'y voit cependant que du feu.

Le peintre Édouard Frenhofer (Michel Piccoli) n'a pas touché à ses pinceaux depuis dix ans lorsqu'un couple de Parisiens — Nicolas, artiste-peintre (David Burszein), et sa copine Marianne (Emmanuelle Béart) — débarque chez lui. La beauté réservée de Marianne réveille le vieux peintre, à qui son agent suggère de reprendre La Belle Noiseuse, sa toile restée inachevée et qui avait à l'époque pour modèle Liz (Jane Birkin), l'épouse de Frenhofer. D'abord récalcitrante, Marianne, que Liz et Nicholas ont priée d'accepter, consent à poser.

Une fois le climat installé dans ce grand monastère qui sert de maison au peintre et de décor presque unique au film, Rivette regarde le peintre regarder son modèle, son modèle regarder le peintre, tout ça sous le regard de Liz, partagée entre sa joie de voir son mari retrouver l'inspiration et l'amertume de ne pas être elle-même responsable de cet exploit.

Film sur l'acte de création (avec ses hésitations, ses doutes, ses instants d'ivresse), Divertimento est, paradoxalement, une oeuvre austère et presque nue, comme une toile blanche sur laquelle Rivette lui-même aurait regardé cette histoire, et celle de ce tableau mythique, se dessiner et se chercher une raison.

Petite anecdote d'intérêt local: Marianne, au début du film, explique à son conjoint la signification du mot noiseuse, à la lumière d'un souvenir du Québec où elle confond le mot (dérivé de noise) avec celui de niaiseuse, couramment employé ici et dérivé de niais.

Divertimento

Artv, 20h