Programmation du 16e festival Cinemania - «La meilleure sélection à ce jour»

Maidy Teitelbaum, la présidente et fondatrice du Festival de films francophones Cinemania, et la directrice générale, Geneviève Royer, hier lors de la conférence de presse.<br />
Photo: Jacques Grenier - Le Devoir Maidy Teitelbaum, la présidente et fondatrice du Festival de films francophones Cinemania, et la directrice générale, Geneviève Royer, hier lors de la conférence de presse.

Avec 30 films de la francophonie et Isabelle Huppert pour accompagner le film d'ouverture, l'hilarant et mélancolique Copacabana de Marc Fitoussi, la 16e édition de Cinemania se déroulera à L'Impérial du 4 au 14 novembre, avec le délicieux Potiche de François Ozon en film de clôture.

Maidy Teitelbaum, la présidente et fondatrice du festival francophone, et la directrice générale Geneviève Royer considèrent leur sélection comme leur meilleure à ce jour.

Quoi qu'il en soit, avec des films en première québécoise, canadienne et nord-américaine, sous-titrés en anglais pour réunir les deux solitudes, la plupart sans distributeurs, Cinemania constituera souvent l'unique occasion de voir ces oeuvres sur nos écrans, à moins qu'elles ne soient achetées sur place. Elles viennent de la France, mais aussi de la Suisse, de la Belgique, du Tchad, de l'Algérie, de l'Autriche. «On n'a pas fait de clivage entre les films d'auteur et les oeuvres populaires. Seuls les critères d'excellence ont prévalu. Le tiers sont des premiers longs métrages, explique Geneviève Royer, et 8 sur 30 sont réalisés par des femmes.»

L'actrice française Ludivine Sagnier viendra accompagner Crime d'amour, le dernier film du défunt Alain Corneau et Pieds nus sur les limaces de Fabienne Berthaud. D'autres noms d'invités devraient être dévoilés prochainement. Le comédien Yves Jacques est le porte-parole du rendez-vous.

Au menu aussi: le dernier film de Jacques Rivette, 36 vues du Pic Saint-Loup, une histoire de cirque avec Jane Birkin et Sergio Castellitto. Également L'Arbre et la Forêt d'Olivier Ducastel et Jacques Martineau, couronné en France du prix Jean-Vigo 2009, et Qu'un seul tienne et les autres suivront, lauréat du prix Louis-Delluc du premier film également en 2009. Hors-la-loi de Rachid Bouchareb, qui créa une absurde controverse au dernier Festival de Cannes, avec le conflit en Algérie du point de vue algérien, est du lot, tout comme Un homme qui crie du Tchadien Mahamat-Saleh Haroun, Prix du jury à Cannes, abordant le destin d'un père dans son pays ravagé.

Deux grands succès publics français: La Rafle de Rose Bosch, avec Jean Reno et Mélanie Laurent, drame sur la rafle des juifs au Vélodrome d'Hiver sous l'Occupation nazie et Tout ce qui brille de Géraldine Nakache et Hervé Mimran sur deux jeunes femmes de banlieue attirées par la Ville lumière, sont de la sélection.

Safy Nebbou signe de son côté L'Autre Dumas avec Gérard Depardieu, Benoît Poelvoorde, Dominique Blanc, etc., abordant l'histoire du nègre de l'auteur des Trois Mousquetaires. Catherine Corsini, avec Partir, dévoile une liaison torride (Kristin Scott Thomas, Sergi Lopez). Deux films donnent la vedette à André Dussollier: le thriller politique Une affaire d'État d'Éric Valette et un profil de la fin de vie de Staline à travers Une exécution ordinaire de Marc Dugain. À voir l'étonnant Lourdes de Jessica Hausner avec Sylvie Testud, sur fond de miracle et d'humour. Happy Few d'Antony Cordier, avec Marina Foïs et Roschdy Zem, se veut le brûlot érotique du cru.

Cinemania s'offre un volet jeune public, et 500 élèves d'écoles montréalaises publiques et privées, francophones et anglophones, verront Loup, film animalier de Nicolas Vanier, un succès public en France.

«On veut qu'il y ait une relève de cinéphiles devant le grand écran, offrir une alternative au iPod», déclare la directrice de Cinemania.
1 commentaire
  • Paul Bouthillier - Abonné 26 octobre 2010 22 h 45

    Un festival pour les francophones, c'est pour bientôt ?

    Je suis un peu étonné que personne ne mentionne une situation aussi paradoxale. Sommes-nous bien au Québec dont la très grande majorité est francophone ? Après le festival des films du monde, du nouveau cinéma, d'images et nations qui présentent des films sans sous-titres français et plusieurs films français avec des sous-titres anglais, voici qu'avec le festival Cinemania on offre aux cinéphiles anglophones un festival de films français avec des sous-titres anglais. Il est même fort possible que nous n'aurons pas cette chance de les voir en salle dans leur version originale sans sous-titres faute d'avoir trouver de distributeurs. Et si vous avez la chance de louer des films produits en France, vous constaterez que de plus en plus les boitiers sont en anglais, le club vidéo doit ajouter à la main le titre original.
    Comment se fait-il que personne ne dénonce une telle situation ? Comment se fait-il que nous ne pouvons offrir un festival de films avec des sous-titres français et des films français sans sous-titres ?
    Paul Bouthillier