Rien d'obscène dans les effets spéciaux au cinéma

Un spécialiste en effets spéciaux ayant travaillé à la production de plusieurs films d'horreur a plaidé non coupable hier matin à des accusations d'avoir corrompu les mœurs et d'avoir produit du matériel obscène.

Rémy Couture, un citoyen de Montréal, a décidé de subir un procès devant juge et jury. Il entend expliquer au tribunal que les documents en question sont des oeuvres d'art et qu'en l'accusant, on enfreint sa liberté d'expression.

L'artiste, connu sous le nom de «RemyFX», a tout de même admis que ses courts métrages sanglants, publiés sur son site Internet désormais fermé, ont pu choquer plusieurs personnes. Mais M. Couture s'insurge contre les accusations portées contre lui. «Je suis maquilleur effets spéciaux et, de voir tout le temps que ces gens-là mettent sur mon dossier, sachant qu'il y a beaucoup de dossiers d'agressions et de criminels qui n'ont pas été résolus, je trouve que c'est une honte pour le Québec», a dit l'artiste.

Rémy Couture a été arrêté le 29 octobre 2009 par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) après qu'Interpol lui eut acheminé le dossier.

Une vingtaine de personnes, la plupart déguisées en personnages de films d'horreur, ont manifesté hier après-midi devant le palais de justice de Montréal pour soutenir l'artiste.

S'il est déclaré coupable, M. Couture craint que cela crée un précédent. «Parce qu'avec l'article 163 [du Code criminel] pour lequel je suis accusé, si on l'applique à la lettre, on enlève tous les films d'horreur du marché», a expliqué le principal intéressé. Rémy Couture reviendra en cour le 1er novembre.