Le 39e FNC, entre grands écrans et multiplateformes

Karine Vanasse, membre du jury du 39e FNC, en compagnie du directeur de la programmation, Claude Chamberlan, lors de la conférence de presse hier.<br />
Photo: Jacques Grenier - Le Devoir Karine Vanasse, membre du jury du 39e FNC, en compagnie du directeur de la programmation, Claude Chamberlan, lors de la conférence de presse hier.

Hier, lors de la conférence de presse préévénementielle du Festival du nouveau cinéma (FNC), le directeur général du rendez-vous, Nicolas Girard-Deltruc, parlait mutations, nouvelles plateformes de diffusion, innovation. «Découvertes, courants actuels», renchérissait Claude Chamberlan, directeur de la programmation. Place aussi aux films, heureusement.

Plus de 300 oeuvres, dont 33 premières mondiales et 64 premières nord-américaines, sont au menu du 13 au 24 octobre au 39e FNC de Montréal.

On savait déjà que 10 1/2 de Podz, explorant le rapport entre un garçon perturbé et son éducateur, serait projeté en ouverture et que Curling de Denis Côté, pas de deux entre un père névrosé et sa fille, primé à Locarno, clôturerait le bal.

Parmi les 19 films de la Sélection internationale en lice pour la Louve d'or: Jo pour Jonathan du Québécois Maxime Giroux affrontera des oeuvres comme Le Quattro Volte de l'Italien Michelangelo Frammartino et Inside America de l'Autrichienne Barbara Eder.

En présentation spéciale, 34 longs métrages, certains lancés ou primés dans les grands festivals, tel le très poétique Uncle Boonmee Who Can Recall His Past du Thaïlandais Apichatpong Weerasethakul, palmé d'or à Cannes, Tournée de Mathieu Amalric, Another Year de Mike Leigh, Biutiful d'Alejandro González Iñárritu. Aussi La Route des dieux de Jean Pierre Lefebvre, The Illusionist de Sylvain Chomet, Nostalgia de la Luz de Patricio Guzman et nombre d'autres films très attendus.

Refusé par les rendez-vous de Toronto et de Vancouver, le brûlot Vous n'aimez pas la vérité: 4 jours à Guantánamo de Luc Côté et Patricio Henriquez, sur un interrogatoire d'Omar Khadr, ouvrira la section Focus. Elle est la tribune de plusieurs oeuvres québécoises, dont The Kate Logan Affair de Noël Mitrani, La Fille de Montréal de Jeanne Crépeau, Deux fois une femme de François Delisle, Falardeau (portrait du cinéaste d'Octobre) de German Gutierrez et Carmen Garcia, projeté en première mondiale.

Hommage sera rendu d'ailleurs à Pierre Falardeau, disparu il y a un an, avec version du Party restaurée. Parmi les autres coups de chapeau, soulignons celui au grand cinéaste français Pierre Etaix (attendu pour l'occasion), et à l'Allemand Werner Schroeter, récemment disparu.

Temps O, le segment le plus déjanté du FNC, projettera en première mondiale Territoires d'Olivier Abou, aux côtés de Monsters de Gareth Edwards, Enter the Void de Gaspar Noé, etc.

Des cinéastes comme Jonathan Caouette, Louis Garrel, Pierre Hébert, Theodore Ushev livreront des courts métrages.

Des performances et des installations interactives, mais aussi dix courts métrages et dix longs diffusés par téléphonie cellulaire, une première version multiplateforme de la programmation du FNC, deux films en 3D: l'innovation est au menu, donc. De plus, la place des Festivals sera mise à contribution avec Une ombre à la fenêtre, installation interactive d'extraits de films.

Avec un budget de 2,7 millions, qui a doublé en trois ans grâce aux partenariats privés, le FNC cherche à s'ancrer dans l'avenir. Ironie du sort, Patrimoine canadien lui annonçait fièrement par communiqué un appui faramineux de... 10 000 $.