Festival international du film black de Montréal - Noir celluloïd

Une scène du film The Silent Army, qui ouvrira le festival.<br />
Photo: Festival international du film black de Montréal Une scène du film The Silent Army, qui ouvrira le festival.

Pour sa sixième édition, le Festival international du film black de Montréal, anciennement connu sous le nom de Festival du film haïtien de Montréal, a considérablement élargi son spectre. Plus de pays représentés (d'où ce nom plus inclusif) et un nombre accru d'œuvres retenues (près de 130) épousant des thèmes, eux aussi, inédits. L'événement se déroulera du 22 septembre au 3 octobre.

La programmation, très riche, propose plusieurs titres alléchants. The Silent Army (L'Armée silencieuse), film d'ouverture de Jean van de Velde, consacré au sort des enfants-soldats, donne le ton. Sélectionné à Cannes en 2009 dans la section Un certain regard, ce film dur au propos humaniste sera présenté ici en première canadienne.

On ira voir Desert Flower, avec entre autres Sally Hawkins (la révélation de Happy-Go-Lucky) et Juliet Stevenson, drame biographique de Sherry Horman retraçant les grandes lignes de la vie de l'ancien mannequin vedette Waris Dirie, devenue porte-parole des Nations unies, de son excision à l'âge de trois ans en Somalie à sa fuite en Angleterre.

Aide-toi, le ciel t'aidera promet un retour en force pour le cinéaste français François Dupeyron (Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran). Son avant-dernier film traite du problème de cités par le truchement d'une singulière histoire opposant une mère noire à un voisin blanc. Lequel, sous couvert de bonté, s'immisce dans l'existence de la première pour mieux la tyranniser.

Skin devrait clore la rencontre cinéphile de belle façon. Campé en Afrique du Sud pendant l'apartheid, ce long métrage d'Anthony Fabian relate l'histoire vraie d'une jeune Noire née de parents blancs. Sophie Okonedo (Hotel Rwanda) tient la vedette. Sam Neill et la trop rare Alice Krige, une native du pays, jouent ses grands-parents.

Les quelque 128 titres sélectionnés souscrivent chacun à l'une des huit catégories retenues par le festival: Violence, Art, Vaudou, Histoire et politique, Haïti, Immigration et ségrégation, Conditions humaines et, pour la première fois, le tabou des tabous: l'Homosexualité, illégale, rappelons-le, dans nombre de pays du continent africain.

***

Collaborateur du Devoir