Cinéma - Paris accueille de plus en plus de tournages

Les cinéastes américains et britanniques cumulent 150 jours de tournage en France, de janvier à août. Soit près du double par rapport à 2009. Outre Scorsese, Woody Allen était à Paris pour Midnight in Paris, et la chanteuse Madonna, en juillet, pour réaliser W.E., sur la vie du roi Édouard VIII d'Angleterre. Ajoutons la série américaine Gossip Girl. Cette augmentation du nombre des tournages étrangers en France est constatée par Film France, structure liée au Centre national du cinéma. «C'est un phénomène nouveau, et l'impact est fort», dit Franck Priot, délégué général adjoint de Film France.

Principal facteur de ce renouveau, le crédit d'impôt, instauré depuis décembre 2008. Il permet à toute production étrangère, qui dépense au moins 1 million d'euros en France, de bénéficier d'un abattement fiscal de 20 %, plafonné à 4 millions d'euros. C'est une perte pour les caisses de l'État, mais les bénéfices sont supérieurs. «Les réalisateurs restent plus longtemps en France», assure M. Priot. Deux semaines pour Scorsese, deux mois pour Woody Allen, alors que Tarantino n'a passé que trois jours en 2008 pour Inglourious Basterds. Or un studio dépense en moyenne 250 000 dollars par jour. En sept mois, vingt productions de films et séries télévisées auraient dépensé plus de 110 millions d'euros en France.

Paris accapare la moitié des jours de tournage et 90 % de la masse salariale de l'industrie du cinéma. «Paris est un décor qui fait rêver», se félicite Michel Gomez, délégué général de la mission cinéma à la Ville. Paris attire aussi pour des coûts modérés de location. Comme le Théâtre de l'Athénée, que son directeur, Patrice Martinet, a loué pour le film de Scorsese, à un «prix standard», sans hausse.

Ainsi, une vingtaine de longs-métrages ont été tournés dans la capitale durant l'été. D'où le «ras-le-bol» de riverains comme Christian, retraité à Montmartre, quartier fort demandé: «Neuf fois par an, les rues sont bloquées!» Woody Allen aurait aussi agacé, en revenant sur des sites, après avoir visionné les premières images.

Cependant, Paris reste derrière Londres ou Berlin. «Il manque un grand studio», explique Michel Gomez. D'où la création de la Cité du cinéma, de Luc Besson, prévue pour 2012 à Saint-Denis.

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