Romance à numéros

Letters to Juliet est la quatrième production en moins d'un an à mettre en vedette Amanda Seyfried, la coqueluche du moment depuis le succès de Mamma Mia!, où elle jouait la fille de Meryl Streep. Le film de Gary Winick (Brides War) s'intéresse au sort de Sophie, une aspirante journaliste new-yorkaise séjournant en Italie avec son fiancé restaurateur.

On sait cette relation vouée à l'échec parce qu'il lui coupe constamment la parole et regarde ailleurs chaque fois qu'elle parle de ce qui la passionne. En l'occurrence, la demeure de Juliette Capulet, à Vérone, où elle découvre une lettre vieille de cinquante ans contenant les doléances d'une adolescente anglaise qui a fui son grand amour. Et la jeune femme d'y répondre. Et la dame en question, Claire, de débarquer en compagnie de son petit-fils Charlie qui, bien sûr, désapprouve la fougue de mamie et qui, bien sûr encore, tombera sous le charme de Sophie.

Je t'aime, je te quitte, je t'aime trop, je reviens: vous connaissez par coeur ce film que vous n'avez pas encore vu. Même les ravissants paysages champêtres croqués dans la chaude lumière ocre de fin d'après-midi finissent par brûler la rétine de par leur surabondance. D'une succession de cartes postales, la réalisation finit par s'apparenter à un diaporama qu'on inflige à la visite.

Seyfried tire ce qu'elle peut d'un rôle fade, mais ne fait tout simplement pas le poids face à Vanessa Redgrave, naturelle et chaleureuse. Sa seule présence confère à un film aux situations fabriquées une touche de grâce et d'authenticité qu'il ne mérite pas.

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Letters to Juliet (Lettres à Juliette)
Réalisation: Gary Winick. Scénario: José Rivera, Tim Sullivan. Avec Amanda Seyfried, Vanessa Redgrave, Christopher Egan, Gael García Bernal, Franco Nero, Oliver Platt. Photo: Marco Pontecorvo. Montage: Bill Pankow. Musique: Andrea Guerra. États-Unis, 2010, 105 min.

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Collaborateur du Devoir