François Macerola réagit à la pétition des cinéastes

Le président de la SODEC invite le milieu à lui faire des propositions.
Photo: Jacques Grenier - Le Devoir Le président de la SODEC invite le milieu à lui faire des propositions.

Emporté depuis une semaine dans la tourmente d'une lettre-pétition de plusieurs cinéastes craignant un éventuel virage commercial de sa société, le président de la SODEC, François Macerola, prenait hier la parole pour clarifier sa position. Invité à prononcer une allocution au Congrès annuel de l'Association des producteurs de films et de télévision du Québec (APFTQ), il en a profité pour commenter abondamment l'affaire, se félicitant d'avoir reçu et accepté le matin même une demande de rencontre avec le collectif À tout prendre, qui s'était élevé contre certains de ses propos semblant attirer la SODEC du côté des productions commerciales.

«Je réaffirme aujourd'hui devant vous que le cinéma d'auteur continuera à bénéficier d'une approche favorable à la SODEC, mais du même souffle, j'affirme qu'il est devenu de plus en plus difficile de catégoriser le cinéma», a-t-il précisé, rejoignant sur ce point la position des pétitionnaires. Le président de la SODEC s'avoue très fier des derniers choix d'investissement de sa société et de la qualité des huit longs métrages qui ont obtenu le feu vert.

À propos des très controversées enveloppes à la performance, primes au succès offertes aux producteurs ayant engrangé des recettes importantes au guichet, instaurées alors qu'il dirigeait Téléfilm, François Macerola ne les renie pas et entend rappeler que ce système, même imparfait, a servi à produire des films de qualité, comme L'Audition, Borderline, Polytechnique, etc. Plusieurs observateurs estiment toutefois que ces enveloppes financent en général des oeuvres commerciales.

Sans aborder de front son projet de création d'un fonds destiné aux «films rentables» qui fait bondir une grande partie du milieu, le président de la SODEC réaffirme que le statu quo n'est pas une option: «Le gouvernement du Québec fait sa large part. À nous d'être imaginatifs pour trouver de nouvelles sources de financement. Je tiens à souligner que les nouveaux fonds devront servir à la production de films de qualité quels que soient le genre et le style. [...] En 2008-2009, nous avons reçu 101 demandes de financement pour les longs métrages de fiction, mais seulement 27 projets ont reçu des investissements de la SODEC.»

François Macerola déclare privilégier la formation d'un comité de travail pour élaborer des stratégies dans le domaine des nouvelles technologies et du numérique. Une journée de réflexion se tiendra à l'automne, en collaboration avec le milieu. «Il faut être à l'affût des nouvelles technologies, des nouvelles tendances, des marchés qui s'ouvrent et des nouvelles façons de faire», a-t-il poursuivi.

Pour l'heure, le président de la SODEC invite le milieu à lui faire des propositions: «Vous, les scénaristes, les réalisateurs, les producteurs et les distributeurs, êtes les mieux placés pour faire des choix. Il n'en tient donc qu'à nous tous, à la SODEC et aux gens de l'industrie, de trouver des façons d'améliorer le processus.»

Reste à espérer que les rencontres entre le collectif À tout prendre (dont la pétition a récolté plus de 400 signatures de cinéastes) et François Macerola déboucheront sur des résultats féconds.