Cinéma et télévision : Ignatieff souhaite donner plus de moyens aux producteurs indépendants

Le chef libéral Michael Ignatieff promet de donner plus de moyens aux producteurs indépendants pour percer le marché international, et de revoir les règles de financement de Téléfilm Canada afin qu'elles soient moins assujetties au seul critère de la rentabilité à court terme.

Le chef du Parti libéral du Canada, qui était de passage au congrès de l'Association des producteurs de films et de télévision du Québec (APFTQ), a commencé par rappeler à l'assistance sa carrière passée de scénariste. «Je suis le premier candidat au poste de premier ministre qui a écrit trois scénarios pour des films et deux séries télévisées. Je suis fier d'avoir fait partie de votre métier depuis 20 ans», a-t-il rappelé.

En plus d'avoir travaillé à la BBC, M. Ignatieff a signé quelques scénarios, dont celui des films 1919 (1985), qui relate la rencontre de deux ex-patients de Freud, et Oneggin (1999), coécrit avec Peter Ettedgui. Il a aussi fait des apparitions au petit écran dans quelques séries télévisées, dont Antonia and Jane (1990).

Pour le chef du PLC, l'État se doit d'intervenir rapidement pour aider l'industrie à faire face aux fortes mutations entraînées par les changements technologiques. Il a dénoncé la politique du laisser-faire prônée par le gouvernement conservateur. «Si on remet notre culture à la seule loi du marché, on va être noyés. L'appui de l'État est essentiel», a-t-il dit aux producteurs, diffuseurs et distributeurs réunis pour l'occasion.

Le chef libéral s'est notamment engagé à augmenter le financement de la Société Radio-Canada, à resserrer la loi sur les droits d'auteur pour protéger le contenu canadien sur de nouvelles plateformes et à rapidement clarifier l'incertitude qui tourne autour du financement du Fonds des médias. «L'absence de producteurs indépendants m'inquiète, tout comme le fait qu'on ne sait pas ce qui arrivera avec le financement de ce fonds après 2011», a-t-il. Michael Ignatieff a aussi promis de consacrer une partie plus importante de ce fonds au soutien des premières oeuvres, «pour que le prochain Xavier Dolan puisse être capable de faire un film ou une émission télé sans devoir tout financer à même ses épargnes ou celles de ses amis».