La ministre St-Pierre réagit aux inquiétudes des cinéastes et aux propos du président de la SODEC

«Monsieur Macerola, il va falloir qu'il marche avec les directives que je vais lui donner, affirmait hier au Devoir la ministre de la Culture et des Communications, Christine St-Pierre. Et quand il veut faire un changement dans la politique, un changement aussi fondamental, il va être obligé d'aller chercher l'autorisation de son CA. Il va devoir venir tester un peu ses affaires.»

La ministre réagissait à la lettre-pétition Les habits neufs de la SODEC, signée cette semaine par un collectif de cinéastes s'inquiétant d'un éventuel virage commercial, après des déclarations contestées du président de la SODEC, François Macerola, devant l'Académie du cinéma et de la télévision. Il voulait que la SODEC cesse d'être identifiée au cinéma d'auteur et se dévoue plutôt à la diversité. Il précisait refuser de laisser les films rentables à Téléfilm, son pendant fédéral.

Christine St-Pierre répliquait également, dans une même foulée, aux propos de François Macerola, qui disait vouloir réformer le mode de sélection des films par la SODEC et espérait créer un fonds pour financer les longs métrages plus commerciaux.

«Ce que je comprends, a-t-elle ajouté, c'est que les cinéastes contestataires ont interprété d'une certaine manière le discours de M. Macerola. Et effectivement quand tu lis ce discours, ce n'est pas clair, clair. Mais je ne pense pas qu'il ait voulu dire: "Dorénavant, il va falloir que tu fasses 10 millions au box-office si tu désires avoir du financement pour un film l'année prochaine". Moi, je ne veux pas ça. Quand François Macerola a été nommé, tout le monde était très content. Il connaît les réticences au modèle qu'il a implanté à Téléfilm Canada [les enveloppes à la performance, des fonds alloués automatiquement aux producteurs ayant récolté des succès publics au guichet]. Ça m'étonnerait qu'il vienne se mettre tout le milieu à dos en faisant la même chose à la SODEC.»

M. Macerola avait quand même assuré au Devoir qu'il était hors de question de recréer le système des enveloppes à la SODEC, comme il avait déclaré que le cinéma d'auteur demeurerait dans son institution une priorité.

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Avec la collaboration de Robert Dutrisac
1 commentaire
  • Alain Lavallée - Inscrit 23 avril 2010 07 h 06

    La ministre St-Pierre , crédible ?

    Je me demande si il est possible d'accorder de la crédibilité à ce que dit la MInistre St-Pierre, après toutes les phrases creuses et les gestes non posés en matière de protection de la langue française.

    En choisissant l'ex-Président de Téléfilm Canada pour le placer à la tête de la SODEC, c'est un peu comme Sabia à la Caisse de Dépôt , l'entreprise de CANADIANISATION du Québec entreprise par Charest continue. Le dépendantisme canadien s'accélère, fin de la spécificité de la culture québécoise.