Documentaire - Belles images... assemblage aléatoire

Les images d’Océans sont magnifiques, qu’on se le dise; éblouissantes, même.
Photo: Buena Vista Les images d’Océans sont magnifiques, qu’on se le dise; éblouissantes, même.

Océans est la nouvelle production haut de gamme de Disneynature, la branche écolo du géant américain, une excellente initiative au demeurant. Conçu et mis en scène par Jacques Perrin et Jacques Cluzaud, le tandem derrière l'immensément populaire Le Peuple migrateur, ce documentaire-ci, qui s'attarde à détailler les richesses de la mer afin d'en illustrer la fragilité, sera certainement lui aussi beaucoup vu, mais, ici en tout cas, peut-être moins apprécié.

La mission est louable. Évidemment qu'on veut préserver la faune et la flore océanique; ou ce qu'il en reste. La question n'est pas de savoir si l'intention est noble: elle l'est. Le vecteur par lequel celle-ci nous est transmise pose toutefois problème, de nombreux problèmes, en fait.

D'abord, le montage. Selon toutes les sources consultées, Océans faisait initialement 100 minutes (le décalage de quatre minutes par rapport à la durée en France correspond à l'accélération normale quand on passe du PAL au NTSC). C'est cette version qu'on annonce un peu partout, sauf ici. Allez savoir pourquoi, au Québec, on a jugé bon retrancher une quinzaine de minutes au documentaire. Or qui dit coupes dit remontage, forcément. Ce qui était peut-être fluide à l'origine, et les échos de la presse française tendent à démontrer que oui, paraît ici décousu.

Les images sont magnifiques, qu'on se le dise; éblouissantes, même. Mais les belles images ne suffisent pas, surtout quand leur assemblage semble aléatoire. À cet égard, la séquence des chalutiers, bien qu'impressionnante sur le plan visuel et rehaussée par un des meilleurs segments musicaux de Bruno Coulais (Coraline), arrive de nulle part et y retourne, sans explication, sans liant.

Ballets de méduses enchanteurs, loutres facétieuses: charmant, mais déjà vu, entre autres à l'émission Découverte par le truchement de grandes séries documentaires traduites de la BBC et de Discovery Channel, nommément Planète Terre. À cet égard, la narration, elle aussi exclusivement québécoise, de l'explorateur et cinéaste Jean Lemire, emprunte timbre et débit à Charles Tisseyre avec toutefois un inconfort sur les accents toniques. Mais même entre les mains d'un comédien professionnel rompu à cet art exigeant, car c'en est un, le texte est surabondant, surdescriptif, envahissant. Il torpille le navire plutôt qu'il ne l'aide à voguer.

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Collaborateur du Devoir
1 commentaire
  • François Lévesque - Abonné 22 avril 2010 08 h 46

    Précision

    Il appert aujourd'hui que la durée plus courte s'applique à l'ensemble du territoire nord-américain. Seule l'Europe aura eu droit à la version intégrale de messieurs Perrin et Cluzaud.
    François Lévesque
    Collaborateur du Devoir