Les Porteurs d'espoir, de Fernand Dansereau - Un futur en marche

Les élèves de l’école La Farandole, à McMasterville, sont au centre du dernier film de Fernand Dansereau.
Photo: Sylvie Lapointe / ONF Les élèves de l’école La Farandole, à McMasterville, sont au centre du dernier film de Fernand Dansereau.

Ce soir au cinéma Beloeil, à deux kilomètres de l'école qui servit de cadre à la merveilleuse expérience écolo-pédagogique dont il témoigne, est lancé le documentaire de Fernand Dansereau Les Porteurs d'espoir, en présence de ceux, petits et grands, qui ont enfanté l'aventure. Le film prendra l'affiche dans six salles du Québec dès le 2 avril.

Devant les grands bouleversements écologiques, alors que l'atmosphère crie grâce et la Terre pitié, les enfants ne sont-ils pas aux premières loges pour changer le futur? Et s'ils en prenaient soudain les rênes?

Nous voici à l'école primaire La Farandole à McMasterville, chez des élèves de 6e année. Ces petits-là, timides ou fanfarons, se sont lancés avec leur enseignant — merveilleux Dominique Leduc — dans un projet de lutte contre le vandalisme. Ils ont rencontré le maire, mais aussi des commerçants, des policiers, le député Pierre Curzi, etc., analysant les problèmes dans leur environnement immédiat, trouvant des pistes de solution, cognant aux portes des adultes pour les aider à le résoudre, entre doutes et courage, obtenant gain de cause.

«Comment convaincre les grandes masses humaines de changer de mode de vie?» s'était demandé Fernand Dansereau avant de suivre pas à pas ces pistes enfantines. Vaste programme. Mais on n'a pas impunément 50 ans d'engagement, à la roue et au moulin de l'audiovisuel québécois, sans prendre passionnément parti. Des doutes sur l'avenir planétaire reviennent le hanter. Il les écarte comme des mouches. «Je considère l'optimisme comme un devoir», dit-il.

Au moment de la sortie de son long métrage de fiction La Brunante en 2007, un homme, Claude Poirier, vint le rencontrer. Celui-ci avait lancé, à partir d'un modèle américain d'action communautaire, le projet Recherche-Action dans les écoles du Québec, qui fit florès et obtint un peu partout des résultats spectaculaires. Il invita donc Dansereau à poser son regard et sa caméra sur une de ces initiatives. Dansereau accepta en choisissant d'accompagner un projet de l'alpha à l'oméga, sans connaître son résultat final. Le film suit chaque étape de cette démarche, semée de doutes, de peurs, de détermination, d'audace.

«On est allé filmer à La Farandole tous les jeudis matin durant deux heures, en ignorant quels enfants seraient les vedettes du film, explique Dansereau, puis certaines figures ont émergé: Ti-brin, Annabelle, Alexandra et quelques autres, très présents au montage. On suit des enfants parfois en péril, qui acquièrent confiance en eux en développant une conscience sociale. Mais tout repose aussi sur le prof: Dominique Leduc, allumé, tendre, un vrai pédagogue.»

Les Porteurs d'espoir, une production de l'ONF, s'inscrit dans la lignée de son documentaire précédent, Quelques raisons d'espérer. Le cinéaste brossait alors le portrait de son éminent cousin de 90 ans, l'écologiste Pierre Dansereau, à travers les grands enjeux environnementaux. «Pierre y rappelait que Nelson Mandela, par sa présence, avait modifié tout le contexte de l'Afrique du Sud.» Alors baisser les bras... «Un déclic peut changer le cours des choses, et chacun est susceptible d'améliorer le sort commun.»


Le gros oeil de la caméra

Il en aura vu couler de l'eau sous les ponts de l'audiovisuel en un demi-siècle, Fernand Dansereau. Le cinéaste des Doux aveux et de La Brunante, le scénariste des populaires séries Le Parc des Braves et Les Filles de Caleb, a également réalisé plusieurs documentaires, dont Tout l'temps, tout l'temps, tout l'temps en 1970 sur les déboires industriels de la population de Saint-Jérôme. Producteur pionnier de l'ONF, il fut derrière Pour la suite du monde de Pierre Perrault et Michel Brault.

Cinquante ans, c'est long, et l'écran a envahi la trame collective. Une innocence s'est perdue en cours de route, les lois ont changé aussi. «Les gens sont conscients de la présence de la caméra, ce qui n'était pas le cas au moment de Pour la suite du monde, alors que la télé faisait encore ses débuts. Aujourd'hui, chacun veut offrir une belle image de lui-même et devient très vertueux...» De fait, dans Les Porteurs d'espoir, les enfants de La Farandole ne se heurtent à aucun obstacle pour contrer leur belle initiative. Tous les adultes sur leur chemin leur prêtent main-forte, et l'argent réclamé ne pose jamais problème — tandis que les projets précédents de Recherche-Action trébuchaient sur des ornières.

«Par ailleurs, on ne peut plus filmer les gens à leur insu, poursuit Fernand Dansereau. Il faut obtenir des autorisations écrites. Or aucun parent ne désirait que son ado graffiteur soit interviewé... Grave problème, car on a toujours besoin de "méchants" pour créer une tension. J'ai dû trouver une autre ligne dramatique, en jouant sur le suspense de la réussite ou de l'échec du projet. Le documentaire crée un univers surréel. Un gros oeil vous regarde, alors...»
1 commentaire
  • Sanzalure - Inscrit 24 mars 2010 08 h 30

    Merci pour l'espoir, on en a bien besoin...

    Dans une situation générale désespérante, on ne peut que féliciter et encourager les personnes qui cherchent des moyens de redonner l'espoir aux autres.