Polytechnique domine le peloton des 30es prix Génie avec 11 nominations

Polytechnique, de Denis Villeneuve, est notamment en lice dans la catégorie du meilleur film, de la meilleure réalisation, du meilleur scénario, de la meilleure interprétation féminine (Karine Vanasse) et de la meilleure interprétation masculine dans un rôle de soutien (Maxim Gaudette).
Photo: Alliance Polytechnique, de Denis Villeneuve, est notamment en lice dans la catégorie du meilleur film, de la meilleure réalisation, du meilleur scénario, de la meilleure interprétation féminine (Karine Vanasse) et de la meilleure interprétation masculine dans un rôle de soutien (Maxim Gaudette).

Le film Polytechnique de Denis Villeneuve, oeuvre de maîtrise sur le massacre de Polytechnique, est le poulain de tête des 30es prix Génie couronnant les artisans du cinéma canadien, avec 11 nominations, dont meilleur film, meilleure réalisation, meilleur scénario, meilleure actrice (Karine Vanasse), meilleur acteur de soutien (Maxim Gaudette).

Concourant à ses côtés pour le meilleur film, 3 saisons, drame social de Jim Donovan, Before Tomorrow, fable inuite de Marie-Hélène Cousineau et Madeline Ivalu, Fifty Dead Men Walking, drame politique de Kari Skogland et Nurse.Fighter.boy, romance dramatique de Charles Officer.

Du côté québécois, La Grande Ourse: la Clé des possibles est citée huit fois, 5150, rue des Ormes, cinq, Love and Savagery et 1981 quatre fois, 3 saisons et De père en flic à trois reprises. Deux nominations pour Babine et Les Grandes Chaleurs, une pour Les Doigts croches. À quelques exceptions près (dont Polytechnique, Before Tomorrow), les Génie ont préféré les productions commerciales québécoises aux oeuvres d'auteur.

J'ai tué ma mère de Xavier Dolan, tout en récoltant le Claude-Jutra du meilleur premier film, se retrouve totalement absent de la course aux nominations générales.

«Cela montre à quel point les Génie sont déconnectés de la réalité, s'insurge Louis Dussault, le distributeur de J'ai tué ma mère. Le film avait récolté cinq prix à Vancouver, également le prix Jay-Scott de la critique torontoise, une presse dithyrambique à Toronto. Il avait été choisi pour représenter le Canada aux Oscar. Et qui pouvait passer à côté d'Anne Dorval, comme meilleure actrice?», demande-t-il.

Par ailleurs, Dédé à travers les brumes de Jean-Philippe Duval n'avait pas été proposé aux Génie par la maison de production Max Films. Même scénario pour La Donation de Bernard Émond, lauréat en fin de semaine aux Rendez-vous du cinéma québécois du prix de la critique. Ses producteurs de l'Association coopérative de productions audio-visuelles ne l'avaient pas proposé aux prix canadiens.

Pour des raisons nationalistes, ou par manque de retombées commerciales des oeuvres québécoises sur les écrans canadiens-anglais, les défections sont de plus en plus courantes.

«Si des joueurs majeurs de l'industrie refusent de présenter leurs films aux Génie, on devrait tous s'aligner, estime Louis Dussault. Car ça déséquilibre le jeu. On va se réunir pour débattre des Génie à venir. Je lance l'invitation au milieu du cinéma... »

D'ici là, le gala des Génie se tiendra le 12 avril à Toronto.

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