Un prophète triomphe aux César

Jacques Audiard recevant samedi le César du meilleur réalisateur pour Un prophète, également élu meilleur film.
Photo: Agence Reuters Victor Tonelli Jacques Audiard recevant samedi le César du meilleur réalisateur pour Un prophète, également élu meilleur film.

Paris — Déjà sacré à Cannes et dans la course aux Oscar à Hollywood, Un prophète, le brillant film-choc sur l'univers carcéral signé par Jacques Audiard, a logiquement triomphé samedi soir à la 35e cérémonie des César en remportant neuf prix, dont ceux du meilleur film et du meilleur réalisateur.

Son jeune acteur Tahar Rahim, 28 ans, a réussi un doublé historique en empochant le prix du meilleur acteur et celui du meilleur espoir masculin.

Ce haletant film noir le voit sous les traits de Malik El Djebena, sur lequel se referment les portes de la prison: illettré, sans famille, il est une page vierge où vont s'inscrire les codes brutaux de l'univers carcéral. S'adaptant remarquablement vite, il devient un vrai malfrat. «Je remercie mes acteurs chéris», a déclaré Jacques Audiard avant de faire de la scène du théâtre du Châtelet une tribune politique.

En lice pour les Oscar

Treize fois nommé, Un prophète partait largement favori, quatre ans après le précédent triomphe d'Audiard aux César 2006 où son film De battre mon coeur s'est arrêté avec Romain Duris avait gagné huit statuettes, dont celles de meilleur film et du meilleur réalisateur.

Heureux du «privilège» d'avoir tourné deux films avec Jacques Audiard, Niels Arestrup, César du meilleur acteur dans un second rôle, a remercié le cinéaste «pour tout ce sang neuf [qu'il] propose dans le cinéma français, c'est important et réjouissant».

Lauréat du Grand Prix à Cannes et en lice pour l'Oscar du meilleur film étranger décerné à Hollywood le 7 mars, ce polar a aussi été primé pour son scénario, sa photo, le montage et les décors.

À 54 ans, Isabelle Adjani a empoché son cinquième César de la meilleure actrice, qui «couronne peut-être le rôle le plus modeste de ma carrière, un film plutôt humble», a-t-elle lancé à propos de La Journée de la jupe de Jean-Paul Lilienfeld où elle campe une professeure de banlieue.

L'Américain Clint Eastwood a reçu le prix du meilleur film étranger avec Gran Torino. Il a été préféré aux autres films, dont J'ai tué ma mère du Québécois Xavier Dolan.

Avec 1,2 million de spectateurs dans les salles où il est sorti fin août, Un prophète a déjà remporté un vrai succès tant public que critique, accumulant les récompenses: Grand Prix au dernier Festival de Cannes, Prix Louis-Delluc 2009 ou encore meilleur film au Festival de Londres. Il est en lice pour l'Oscar du meil-leur film étranger, décerné le 7 mars à Hollywood.

Du côté des nouveaux talents, Mélanie Thierry, 29 ans, a été sacrée meilleur espoir féminin tandis que l'auteur de BD Riad Sattouf recevait le prix du meilleur premier film avec les portraits d'adolescents de ses Beaux gosses.

En 2009, le César du meilleur film était allé à Séraphine où Yolande Moreau incarnait une femme peintre autodidacte à la vie tragique.

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